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Rhône - Apiculture

Climat et adaptation à demain

Derniére mise à jour le : 29/12/2025

Le climat fout le camp, la météo se détraque ! Je n’y comprends plus rien…

Les rapports internationaux tombent et les records fusent. Les dix derniers mois battent des records les uns après les autres : la Terre et les océans se réchauffent. Ça va vite et même très vite.

A l’heure où je vous écris cet article (le 21 avril 2025), les colonies sont très fortes après un début avril canon ! Certaines ont déjà plusieurs hausses. Et pourtant, il gèle les matins et une masse d’air froide, provenant du nord-est, s’installe plusieurs jours en France.

On parle de réchauffement climatique mais je crois que le terme plus exact serait changement climatique. Et ça veut dire quoi pour nous apiculteurs et nos abeilles ?

Un chiffre à savoir : 1°C d’augmentation des températures correspond à une remontée du climat de 200kms vers le nord. Nous sommes déjà à 1,4°C… et ce n’est pas fini !

Adaptation et résilience seront les maîtres mots de nos prochaines décennies. Nous devrons donc travailler sur de nombreux axes pour garantir le confort ainsi que le bien-être de nos avettes et leur offrir un bol alimentaire de qualité. Pour nous, c’est 5 fruits et légumes par jour ; pour nos abeilles c’est plutôt minimum 3 pollens différents et de qualité.

 1. Confort et bien-être de nos colonies

Nous observons de plus en plus de phénomènes météorologiques extrêmes : étés chauds et secs, automnes à rallonges (étés indiens), gelées lorsque la végétation est très développée, etc.

Revenons tout d’abord sur l’origine de nos abeilles et l’habitat auquel des milliers d’années, de sélection, ont façonné son adaptation : la forêt et l’arbre-plutôt le tronc d’arbre ou la cavité creusée par un pic à plusieurs mètres de hauteur. Dans cet habitat avec des parois de plusieurs centimètres d’épaisseur ; les colonies sont à l’abri des fluctuations du climat. Dans sa cavité, la colonie gère parfaitement la température interne, l’hygrométrie et la concentration en Dioxyde de Carbon (CO2) du nid à couvain.

Aujourd’hui, nous leur offrons des ruches à cadres faciles à observer et à travailler mais aux parois beaucoup trop fines.

Question : Sommes-nous pas en train de nous éloigner de l’origine même de l’abeille ?

Voici quelques propositions d’amélioration du confort de nos colonies :

  • Choix de nos emplacements :

L’emplacement idéal est dur à trouver : à l’abri des vents dominants, facile d’accès mais pas trop visible, pas trop humide, etc.

Nous devrons ajouter, à l’avenir, la question de l’ombrage. Nos colonies devront être protéger de l’ardeur du soleil au plus fort de la journée. Ce point deviendra plus que crucial.

Une anecdote plus que saisissante : plusieurs milliers de colonies sont mortes de chaud lors de l’été 2021 en Sicile. Les températures sont montées au-delà des 50°C.

  • L’eau :

L’eau est à l’origine de la vie. Les abeilles en ont besoin pour élever le couvain mais aussi lors des vagues de chaleur. Ces derniers la brumisent dans la ruche afin de faire descendre la température. Un point d’eau à proximité est nécessaire. Prudence aux désagréments en zones pavillonnaires où nos avettes semblent appréciées les piscines de nos voisins.

  • L’isolation de la ruche :

L’isolation du toit de la ruche sera plus importante en étés qu’en hivers dans les décennies à venir. Cela garantit un climat interne, de la ruche, plus facile à gérer pour nos abeilles. J’utilise un isobulle réfléchissant directement sur la tête des cadres et du polystyrène extrudé de 60mm au-dessus. L’utilisation de partitions isolantes est également un plus.

  • Fonds/planchers de ruche :

L’arrivée de Varroa Destructor a considérablement changé nos pratiques apicoles. Les planchés à aération partielle ou totale sont arrivés pour une meilleure gestion et comptage de ce parasite.

Une question : lors des épisodes caniculaires estivales, aérez-vous ou ouvrez-vous en grand les fenêtres de vos maisons ?

La réponse est NON ! On ferme tout jusqu’à nos volets pour garder le peu de fraicheurs de nos habitations. Cette fraicheur et humidité, nos abeilles en ont besoin d’autant plus lors d’épisodes intenses. Une humidité trop faible et c’est la dessiccation des œufs et des larves.

Pour ma part, je mets une feuille d’isolant réfléchissant sur mes fonds de ruches et je ferme la trappe située en dessous étés comme hivers.

  • Le blanc :

Je prends souvent l’exemple des maisons blanches situées en Andalousie. Alors peignons nos toits et nos éléments de ruches en blanc ! Le blanc n’absorbe pas la chaleur.

Ces exemples sont peu exhaustifs et les techniques évolueront encore. Les conditions climatiques à venir ne nous en laisseront pas le choix.

2. L’offre en pollen et bol alimentaire des abeilles 

L’augmentation des températures, depuis le début de l’ère industrielle, a induit l’avancement des floraisons. Je me souviens de l’été 2022 ou la miellée du châtaignier se terminait le 25 juin. Du jamais vu ! Un intervalle de plus de deux mois à tenir, jusqu’à la renouée du Japon et le lierre, pour nos abeilles. Pendant ce laps de temps, les colonies s’affaiblissent, souffrent de mal nutrition et les reines stoppent leurs pontes (cela peut tout de même être intéressant dans la lutte contre varroa).

Question : Mais que faire si notre végétation locale devient hors-jeu et dépassée ?

Nombres d’entre-nous seront contraints de transhumer en déplaçant leurs ruches en montagne. Et pour les autres, qui comme moi, pratiquent une apiculture sédentaire ?

Plantons ! Plantons des essences résilientes aux changements à venir et permettant de comblés les disettes lors de périodes difficiles.

Un constat : Paris est un paradis pour les abeilles. La ville a planté, depuis de nombreuses décennies, une diversité d’essences apportant un bol alimentaire varié tout au long de l’année.

Les quelques exemples que je vais citer, ci-dessous, sont issues du livre « Planter pour les abeilles » d’Yves Darricau. Ces essences ne sont pas locales mais d’origine asiatique là où la flore n’a pas souffert de la dernière glaciation permettant ainsi d’avoir une diversité plus importante que la nôtre. Le terme « espèces exotiques » est souvent associé à envahissante. Celles-ci ne le sont pas car introduites en France depuis de nombreuses décennies. Le changement climatique verra apparaitre le développement de certaines espèces au profit d’autres qui disparaitrons.  

  • Le Sophora (Styphnolobium japonicum)
  • L’arbre à miel (Tetradium daniellii)
  • Les savonniers (Koelreuteria paniculata et bipinnata) 
  • Gatillier (Vitex agnus-castus)
  • L’érable de Montpellier (Acer monspessulanum)
  • L’érable de Naples (Acer Opalus
  • Noisetier de Byzance (Corylus colurna)
  • Tilleul de Henry (Tilia henryana)
  • Arbousier (Arbutus unedo)

 

 

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