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Bovin Maladie Diahrrée Néo-natale

Pourquoi et comment gérer les diarrhées des veaux d’origine infectieuse ?

Derniére mise à jour le : 20/05/2019

La diarrhée néonatale est une des principales maladies du veau pouvant entraîner de lourdes pertes.

Importance

En France, un veau sur cinq présente de la diarrhée dans les deux premières semaines de vie.  Ces diarrhées représentent 60 à 80 % des signes cliniques observés le premier mois. 20% des élevages présentent un taux de veaux malades supérieur à 20 %.

L’impact d’une épidémie de diarrhées est d’abord financier : coûts de traitements, de main d’œuvre et de pertes éventuelles. Il peut évoluer dans l’élevage, de façon exponentielle à cause du caractère épidémique de la maladie qui peut toucher 70 à 100 % des veaux. L’impact est ensuite zootechnique. Toute perte de croissance dans les six premiers mois n’est jamais compensée : l’adulte présentera un plus faible développement musculosquelettique donc une carrière productrice et reproductrice diminuée. Enfin, l’impact est également psychologique pour l’éleveur à cause de la fatigue et du temps passé, du sentiment d’impuissance devant l’évolution défavorable de la situation et de la crainte pour les saisons futures.


Agents responsables et signes cliniques associés


Les origines de la diarrhée sont infectieuses ou alimentaires.

Les agents infectieux des diarrhées sont très nombreux. Sur un veau atteint coexistent souvent deux agents ou plus. L’apparition de maladie dépend de l’équilibre entre les défenses présentes et la pression d’infection variable au cours de la saison.


Bactéries : surtout les colibacilles, Escherichia coli (11% des cas)

La plupart des colibacilles sont des hôtes normaux et nécessaires faisant partie des bactéries courantes de l’intestin. Cependant, certains sont pathogènes : les diarrhées à colibacilles entérotoxinogènes (ETEC) et les diarrhées à colibacilles entéropathogènes (EPEC). Les diarrhées à colibacilles entérotoxinogènes (ETEC) se présentent sur de très jeunes veaux (dans les deux premiers jours) : très liquides, d’apparition brutale et de couleur jaune paille. Elles s’accompagnent de déshydratation sévère et rapide. Les diarrhées à colibacilles entéropathogènes (EPEC), rencontrées sur des veaux âgés de 2 jours à plusieurs mois : plus consistantes avec présence de mucus et parfois de sang digéré. La déshydratation est moins rapide mais l’atteinte générale peut être importante. Certains colibacilles seraient également impliqués dans un type particulier de diarrhée appelé gastro-entérite paralysante caractérisée par une émission de selles peu abondantes n’entraînant pas de déshydratation, montrant un abdomen distendu et accompagnée de symptômes nerveux (dépression avec paralysie des membres postérieurs).

Les salmonelles sont des bactéries beaucoup moins souvent rencontrées chez les veaux que les colibacilles et entraînent d’autres symptômes , également chez des adultes. Dans la forme prédominante, les veaux atteints entre 8 jours et 2 mois présentent une hyperthermie importante (40 à 41 °C) avec une diarrhée pouvant être sanguinolente et contenir des débris de muqueuse intestinale. Un état de déshydratation s’installe entrainant parfois la mort.


Virus : rotavirus (23% des cas) et coronavirus (21% des cas) à différencier

Les rotavirus affectent les veaux âgés de quelques jours avec des diarrhées d’intensité variable selon la souche infectante et l’individu infecté (pression d’infection, protection colostrale, infections concomitantes). La diarrhée est pâteuse à liquide. Le taux de mortalité est faible.

Les coronavirus entraînent des diarrhées avec des troubles plus importants (abattement et déshydratation) sur des veaux âgés de 5 à 10 jours. L’épisode diarrhéique est plus ou moins intense, parfois sanguinolent, et pouvant entraîner la mort de l’animal. Les coronavirus sont souvent retrouvés dans les poumons lors d’une pathologie respiratoire qui peut être associée à la diarrhée.


Parasite : cryptosporidies (23% des cas) essentiellement

Il n’existe pas de symptôme spécifique pour différencier la cryptosporidiose des autres diarrhées. On note des signes généraux avec apathie, démarche ébrieuse et faiblesse musculaire, des signes digestifs avec émission de selles pâteuses ou mucoïdes de couleur jaune avec des filets de sang et d’odeur fétide. L’atteinte se situe surtout entre 5 et 15 jours. La mortalité est faible alors que le taux d’animaux malades peut atteindre 100%.

Les coccidioses touchent les veaux à partir de 3 semaines, bien que la contamination puisse se faire dès la naissance. La diarrhée peut prendre une forme hémorragique. Les animaux manifestent de la difficulté ou de la douleur à déféquer.


Distribution temporelle des agents infectieux de diarrhées des veaux

Diagnostic

Même si les symptômes peuvent orienter le diagnostic sur l’agent responsable, ils ne permettent pas à eux seuls de le connaître avec certitude. Pour cela, il faut avoir recours à des examens de laboratoire. Connaître le ou les agents responsables permet d’adapter efficacement le traitement et la prévention pour les vêlages à venir.

Les prélèvements (de fèces ou de morceau d’intestin sur veau mort) doivent se faire avant tout traitement, dès les premiers jours d’apparition des signes cliniques et sur plusieurs animaux.

Concernant les diarrhées bactériennes, un antibiogramme est fortement recommandé afin de déterminer le traitement antibiotique le plus adapté.

Prévention

Dès la naissance, une hygiène stricte est nécessaire pour prévenir ces diarrhées. Un logement propre et adapté est indispensable pour prévenir ces maladies. Pour la mère, toilette périnéale et nettoyage du pis avant la première tétée sont importants. Pour le nouveau-né, le nettoyage des narines et de la bouche, la désinfection du nombril, la mise sur une litière propre et le bouchonnage si la mère ne le lèche pas, préviennent l’apparition des diarrhées.

La prise de colostrum de bonne qualité et en quantité suffisante est primordiale pour le transfert d’immunité et d’énergie.

La vaccination des futures mères assure également la protection du veau contre certains pathogènes. Même si les diarrhées des veaux continuent d’apparaître après la vaccination des mères, cela facilite beaucoup le traitement : les veaux malades réagissent mieux et plus vite aux thérapies mises en place. Demandez conseil à votre vétérinaire.


Signature : Laura Cauquil (GDS de l’Isère)











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