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Ovin

Un élevage ovin productif

23/01/2004 Un élevage ovin productif

Anciens nucciculteurs, Claudine et Paul Biétrix Ogier se sont convertis en élevage ovin en 1982. Participant à la mise en place de la race Inra 401 à ses débuts, ils lui sont restés fidèles. La majorité de leurs agneaux de boucherie sont aujourd’hui valorisés en agneaux de l’Adret.
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A Saint-Quentin-sur-Isère, Claudine et Biétrix Ogier se sont convertis en élevage ovin en 1982 après le passage d’un ouragan sur leur plantation de noyers.

L’agnelage du mois de novembre s’est déroulé dans de bonnes conditions, les bêtes ayant été retirées de l’alpage avant de souffrir du manque d’herbe.




Claudine et Biétrix Ogier gèrent un troupeau de 300 brebis à Saint-Quentin-sur-Isère. Quatre-vingt-dix hectares de terrains leur permettent de sortir le troupeau cinq mois de l’année et de cultiver des céréales pour l’autoconsommation. En hiver, les brebis sont soignées dans la bergerie avec leurs agneaux du mois de novembre. « Nos mises-bas sont groupées et programmées », explique Claudine Biétrix Ogier. Deux tiers du troupeau mettent bas au mois de novembre pour un tiers au mois de mai. « C’est une question de place dans la bergerie. Le désaisonnement permet aussi de mieux vendre les agneaux en été avec une plus-value de 15 euros par animal ». La race Inra 401 facilite ce travail planifié, les brebis pouvant être fécondées 10 mois dans l’année. En élevage ovin depuis 1982 suite à un ouragan, ces anciens nucciculteurs se sont investis dans l’élevage de cette race prometteuse. « Issues d’un croisement entre la race prolifique Romanov et une race à viande, ces brebis ont une productivité de deux agneaux élevés sous la mère. Ils gagnent en conformation », affirment les éleveurs. La souche de mouton Inra 401 est aujourd’hui répandue dans le sud de la France où la nourriture est abondante. Les Biétrix Ogier croisent les femelles avec une dizaine de béliers Oif (Origine île de France).

 Compenser le déficit d’herbe
« Nous dégageons 150 euros brut par brebis hors prime. 80% de nos revenus proviennent de l’élevage », affirment les agriculteurs. Un résultat obtenu grâce à leur investissement et à leur maîtrise de l’élevage. En période d’agnelage, le couple parvient à limiter les pertes à 5% alors que la moyenne est de 20% dans le département. Avec la canicule, les brebis sont descendues prématurément des alpages cette année. Pour compenser le déficit d’herbe, Claudine Biétrix Ogier a mené pâturer le troupeau sur les terrains autour de la ferme, sous les noyers et sous bois avec son Border Coolie et une clôture électrique. Un complément de sorgho fourrager a permis aux animaux de passer le cap. Une dépense de 120 euros par jour pour l’alimentation a ainsi été évitée. « Nous ne vendrons pas de céréales cette année et il nous manquera un peu de fourrage », anticipe le couple qui n’avait toujours pas touché les aides régionales au début du mois de janvier. L’agnelage s’est toutefois déroulé dans de bonnes conditions, les bêtes ayant été retirées de l’alpage avant de souffrir du manque d’herbe.

 Abandon du commerce avec les musulmans
Les agneaux sont tous commercialisés à une coopérative entre 100 et 120 jours qui les ramasse régulièrement. Ils sont vendus en agneau de l’Adret, Terre d’agneau ou même en conventionnel en fonction de la conformation et du poids. Depuis quatre ans, Paul Biétrix Ogier ne travaille plus avec la communauté musulmane. « Cela devenait aberrant, tout le monde se lavait les mains par rapport aux déchets. L’abattage au moment de la fête de l’Aïd-el-Kébir devenait une source d’ennui. C’est dommage de passer à côté de ce marché », regrette-t-il, affirmant que l’élevage ovin du département a été « sauvé grâce au commerce avec les musulmans ». Les Biétrix Ogier ne se sont pas lancés dans la vente directe pour une question de temps et de coût d’abattage. Par le biais de la coopérative, leurs agneaux sont aujourd’hui abattus dans le Vaucluse pour revenir Isère, un circuit qui mériterait d’être raccourci. Pour l’heure, Claudine et Paul Biétrix Ogier, proches de la retraite, attendent les mesures de découplage pour décider de la suite. « Au niveau de la PAC, les cartes sont rebattues tous les ans ! », déplore le couple. Ce qui ne les a pas empêchés de vivre de leur élevage, avec une vigilance sur l’actualité pour tenter, autant que faire ce peut, d’anticiper.

Catherine Pellotier



















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