Conseil d'élevage
200 truies sur 26 hectares
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truies sur 26 hectares
Une cabane en tôle ondulée pour chaque truie et sa portée. L’équipement extérieur de l’élevage de truies en plein air de Joseph Nemoz et François Orlowski à Saint-Clair-sur-Galaure est sommaire. En revanche, tous les jours, les deux associés sillonnent les 26 hectares de parcs pour répartir la nourriture, surveiller les mises-bas et repérer les saillies. Un choix d’élevage plus coûteux en temps qu’une porcherie, mais pour une contre-partie évidente : le plaisir du plein air. “ Le porc est un animal très vif, vigoureux et très réactif en élevage. Quand on fait un essai, on voit rapidement les modifications ”, explique Joseph Nemoz. Son nouvel associé François Orlowski partage la même passion pour la technique d’élevage sans cesse réajustée. “ Ce qui m’intéresse le plus, c’est le suivi des truies, les résultats des croisements, savoir les interpréter et faire notre renouvellement ”, confie-t-il. Dans le schéma traditionnel de la filière porc, les deux associés occupent tous les niveaux : multiplicateurs, naisseurs, engraisseurs et, dans une moindre mesure, sélectionneurs. Indépendants, ils sont très pointus tant au niveau de la technique d’élevage que de l’amélioration des races. De nombreux essais Avant de construire son premier bâtiment d’engraissement en 1993, Joseph Nemoz visite 18 élevages de porcs dans toute la France pour se faire une idée. “ On a vu pourquoi certaines méthodes fonctionnaient mal et observé comment gérer une litière”. Et depuis l’arrivée de François Orlowski en avril 2000, l’heure est à la rénovation et aux nouveaux chantiers. “ Le contact est passé très facilement ”, disent-ils. “ Nous avons tout de suite mis en route la nurserie, c’était le maillon faible de l’élevage ”. Dans le même temps, ils rénovent aussi le bâtiment de post-sevrage et un deuxième bâtiment d’engraissement est l’objet d’une nouvelle expérience : il est équipé d’une litière fine de 20/30 cm de profondeur. “ Quelle est la différence avec la litière profonde ? C’est une autre technique. Il faut la travailler alors que dans l’autre bâtiment, les porcs la brasse eux-même. Mais nous l’essayons juste ! ”, s’exclame Joseph Nemoz. Avec des bâtiments fonctionnels, l’équipe ne perd pas de temps dans les manipulations et se concentre sur deux autres volets : l’amélioration de la race et la gestion de la commercialisation. Diminuer les pertes “ Nous nous sommes partagé les tâches ”, explique les deux associés même si les décisions sont prises en commun. Sur un lot de 28 truies, François Orlowski sélectionne les trois meilleures qu’il croise avec un verrat pur. L’objectif est d’obtenir des filles qui produisent mieux, voire plus. “ Aujourd’hui, nous essayons d’améliorer le taux de survie des porcelets en cherchant à diminuer les pertes entre la naissance et le sevrage ”, explique-t-il. La race maternelle (Large White Landrace) est choisie pour sa prolificité et les verrats (Duroc Piétrain) sélectionnés pour la qualité de et la quantité de viande. Tous les deux ans, la race du verrat de multiplication, acheté, est changée pour augmenter la vigueur et la résistance et les performances des truies. “ Les truies sont notre propre race ”, précise alors Joseph Nemoz. Un argument de qualité pour la vente des porcelets. “ Les engraisseurs apprécient la naissance en plein air, la qualité de la sélection et l’utilisation d’aliments sans antibiotiques ”. Côté gestion, il travaille ses niveaux de prix de revient et de prix de vente. Et beaucoup de ventes de porcelets (50% des ventes) et de porcs gras (autre 50%) partent en petites quantités, “ ce qui prend plus de temps pour une marge supérieure ”, évalue-t-il. Un travail sur plusieurs front bien récompensé, “ nous gagnons bien notre vie ”, dit-il. Et l’élevage en plein air, loin de susciter les craintes du voisinage, attire les enfants qui viennent voir les petits cochons derrière les clôtures électriques. Catherine Pellotier |
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