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Bovin maladie BVD

BVD : Un plan de lutte collectif pour Rhône-Alpes

Derniére mise à jour le : 20/05/2019


Les
GDS de Rhône-Alpes font évoluer leur stratégie sur la BVD : de l’assainissement individuel à un plan de lutte collectif. 

Les constats

En 2013, le Bureau de GDS Rhône-Alpes faisait plusieurs constats : le virus circule toujours, avec 50% des élevages encore régulièrement séropositifs ; un élevage assainit se recontamine en moyenne dans les 5 années qui suivent ; les pertes économiques sont plus importantes qu’avant en lien avec l’agrandissement des troupeaux.

D’autres pays et régions ont déjà mis en place des programmes collectifs de lutte. La Suisse a pratiquement terminé l’éradication, l’Allemagne, l’Irlande, la Belgique et les Pays-Bas s’y engagent.  

Un plan en quatre mesures

Devant ces constats, le conseil d’administration de GDS Rhône-Alpes lance en 2016, en partenariat avec les GTV Rhône-Alpes (Groupements Techniques Vétérinaires) un plan de lutte dont les lignes directrices sont les suivantes : prévenir plutôt que guérir ; protéger les élevages ; contrôler la circulation du virus et faire baisser la pression virale. Le tout de façon collective.

Le contrôle à l’introduction

Actuellement, seuls 18% des animaux introduits dans les élevages de Rhône Alpes sont contrôlés en BVD. Il faut protéger les élevages. Le contrôle à l’introduction devient obligatoire pour tous.

La garantie non IPI

Lorsqu’un animal sort de son exploitation il ne doit pas représenter un danger pour les autres, ni pouvoir être contaminé. Jusqu’à présent seulement quatre départements exigeaient la garantie non-IPI. Cette garantie devient obligatoire pour tous les rassemblements, transhumances et pensions.

La surveillance

Une circulation virale doit être repérée rapidement pour réagir le plus vite possible. Les élevages laitiers seront désormais systématiquement surveillés dans le lait de tank tous les 5 mois. Les élevages allaitants peuvent réaliser partout en Rhône-Alpes des sondages annuels sur les jeunes génisses sentinelles. Les boucles auriculaires sur les veaux naissants sont disponibles dans tous les GDS.

L’élimination des IPI

En cas de contamination, l’éleveur sera aidé pour sortir les IPI de son cheptel. Les plans d’assainissement sont proposés à tous les éleveurs de Rhône-Alpes. Les animaux non IPI sont garantis par tous les GDS via des certificats envoyés individuellement aux éleveurs. Les IPI découverts lors des introductions doivent être éliminés. La Caisse Régionale de Solidarité Santé Animale constituée par les éleveurs viendra compenser cette perte (sous certaines conditions) ainsi que les frais d’analyse de re-contrôle.

La vaccination

Il faut noter aussi que la vaccination est un outil de protection individuelle contre la BVD qui peut être très utile et complémentaire aux mesures collectives dans certains contextes et dont la mise en œuvre convient d’être réfléchie entre l’éleveur et son vétérinaire.


 Sabine Patricot (GDS 69)

Témoignage

Alexandre Fauriat, Vétérinaire au sein de la Clinique Delacroix à Boen (42) témoigne du suivi d’un élevage en bovin viande infecté par la BVD au printemps 2012. Coté vétérinaire, c’est aussi une expérience difficile…

Vous avez suivi un élevage qui a subi la BVD, comment avez-vous appréhendé la situation ?

La découverte de la maladie et les premières actions se sont déroulées de façon très pragmatique : l’éleveur m’a appelé dans l’été 2012 pour plâtrer un veau. Il s’agissait d’un animal chétif, pas du tout à l’image du reste du troupeau composé de très belles bêtes, bien soignées, bien suivies.  Dans la conversation, l’éleveur évoque une vache qui a avorté quelques semaines avant. Il me fait aussi fouiller une autre vache pleine avec des symptômes anormaux, notamment au niveau du liquide amniotique. Je propose de réaliser un test sur l’avorton : positif à la BVD… !
La machine se met en route, on recherche l’ampleur de l’infection, son origine, on met en place un plan BVD avec le GDS. Finalement l’infection s’est révélée très importante : sur un troupeau de veaux charolais de 85 têtes, il y a eu 25 IPI sur les 51 seulement vivants au cours de cet automne 2012, 12 vaches ont été éliminées et 3 génisses… Et nous avons vite trouvé l’origine de la contamination qui s’est faite par contact avec des troupeaux voisins. 

Qu’est ce qui a été le plus difficile dans cette expérience ?

Le plus dur se situe bien-sûr sur le plan humain. Cet éleveur, qui était aussi un ami, a beaucoup  perdu en quelques mois. Il suivait pourtant son troupeau de façon très rigoureuse, à tous les niveaux, alimentaire, sanitaire, bien-être animal…un éleveur à la pointe. Pour la BVD, il réalisait un contrôle tous les ans sur ses génisses avant la mise à l’herbe. Et cette année 2012, il est passé à travers : pas le temps, oubli…
Une fois la maladie découverte le plus dur est bien-sûr devant : voir l’ampleur des dégâts et prendre les décisions nécessaires. Et pour l’éleveur c’est prendre aussi son mal en patience : attendre les résultats au fur et à mesure, des décisions d’accompagnement qui ne vont jamais assez vite dans les situations d’urgence.
C’est également un sentiment d’injustice, surtout pour un éleveur qui se donne les moyens de gérer son troupeau au mieux. Les vétérinaires sont parmi les 1ers interlocuteurs des éleveurs et nous sommes souvent les destinataires des nombreux reproches des personnes en désarroi. Il faut savoir prendre du recul et être prêts aussi à y laisser des plumes humainement … les tensions peuvent être très fortes, d’autant que dans cette situation, le moral de l’éleveur est au plus bas.

Qu'avez-vous retiré de cette expérience et quel conseil donneriez-vous à d'autres ?

Je ne peux que conseiller aux éleveurs de suivre leur troupeau : des tests annuels, la vaccination qui peut s’ensuivre, et le contrôle obligatoire à l’introduction qui est essentiel et que nous imposons depuis longtemps dans notre clientèle. Les éleveurs se sentent encore trop peu concernés par cette maladie qui selon eux n’arrive encore qu’aux autres. Et puis il y a aussi une sorte de nonchalance : les éleveurs gardent des animaux infectés, et la maladie se propage par voisinage… Ce facteur de propagation est très important dans la Loire. Il faut donc toujours dépister, contrôler, éliminer et vacciner, c’est indispensable ! Et continuer à informer !

Propos recueillis par Chantal Weber, GDS Rhône-Alpes



























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