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Bovin maladie tuberculose

Tuberculose : une maladie réémergente

Derniére mise à jour le : 20/05/2019

La tuberculose est une maladie qui continue à faire chaque année deux millions de morts dans le monde. En France, elle a été quasi éradiquée grâce à un programme de lutte rigoureux qui a démarré au début du XXème siècle : vaccination systématique par le BCG des enfants (jusqu'en 2007), dépistages et soins des personnes infectées dans des sanatoriums, et pour les élevages un programme de lutte qui est à l'origine de la création des GDS au début des années 1950


Malheureusement la tuberculose connaît depuis les années 1990 un « regain » : c'est une maladie réémergente :
- réémergence des infections tuberculeuses dans la population humaine :
- véritable épidémie de tuberculose dans les grandes métropoles qui frappe les personnes les plus pauvres, sans logement ou vivant dans des conditions précaires,
- la co-infection avec le VIH (virus du SIDA), ce dernier fragilise l'organisme des malades et fait le lit d'une infection tuberculeuse,
- circulation accrue des souches de tuberculose en lien avec les mouvements migratoires ou les déplacements de populations, et d'une manière générale une plus grande mobilité des individus à l'échelle mondiale,
- réémergence de la tuberculose animale avec des foyers en élevage pour lesquels les deux causes principales apparaissent être :
- une contamination qui évolue en parallèle au sein de la faune sauvage, à mettre en relation avec la prolifération de certaines espèces dont les populations étaient jusqu'alors plus contrôlées,
- l'importation d'animaux infectés

La tuberculose  est une maladie transmissible entre l'homme et les animaux caractérisée par un délai d'incubation très long et des infections « silencieuses »

La tuberculose est transmissible de l'animal à l'homme et inversement : c'est une zoonose. En France, cette maladie est classée dans les dangers sanitaires du groupe 1, ceux dont la gravité pour l'économie agricole et la santé humaine rend obligatoire leur gestion par l'Etat. Au niveau international, tous les cas d'animaux doivent être déclarés à l'OIE (organisation mondiale de la santé animale, office de l'ONU qui s'occupe de la santé animale).


L'autre caractéristique de la maladie, c'est son développement très long à bas bruit. En général, la réaction immunitaire maintient l'infection dans un état dit de « latence ». Avant l'apparition des premiers symptômes qui peut survenir à l'occasion d'un affaiblissement de l'organisme, il peut s'écouler parfois plus de 10 ans.

Selon la localisation des foyers infectieux, la tuberculose peut revêtir différentes formes. La tuberculose pulmonaire est la forme la plus fréquente et représente la source essentielle de la contagion. A partir du poumon, le bacille peut diffuser dans l'organisme  où il est responsable  d'abcès « caséeux » : ganglions, os, articulations, reins, foie, intestins,... Les symptômes, outre la fatigue généralisée, dépendent des organes atteints. A terme, l'infection entraîne la dégradation de l'état général et la mort.

La contamination de l'environnement et la proximité avec les malades sont les principaux facteurs de contagion de la tuberculose

La transmission de la maladie se fait suite à la diffusion du bacille lors de son excrétion par les malades (gouttelettes de toux, et plus rarement urines ou bouses). Dans une étable, en l'absence de désinfection et à l'abri de la lumière du soleil (UV), le bacille peut survivre de nombreuses années.


Il n'y a pas de transmission de la tuberculose en consommant de la viande bovine dès lors que les carcasses ont été inspectées et les lésions suspectes retirées (cf. infra). Le lait peut être un vecteur du germe si l'animal est malade. La pasteurisation et la stérilisation du lait permettent de maîtriser ce risque. Pour le lait cru, des contrôles spécifiques sont réalisés dans les élevages concernés.

Les traitements, longs et coûteux, sont réservés à l'homme en raison du risque d'apparition et de diffusion de souches résistantes

Chez l'homme, les deux principales contraintes d'un traitement antituberculeux sont d'arriver à éliminer le bacille de l'organisme et de préserver l'efficacité des médicaments utilisés. Pour une tuberculose pulmonaire, le traitement habituellement préconisé a une durée de six mois, avec au début deux mois où le patient prend une association de quatre antibiotiques, puis pendant 4 mois une association de deux antibiotiques. Suivre le traitement bien au-delà de la guérison « apparente » ou « clinique » est indispensable afin de guérir réellement de la maladie et éviter l'émergence de souches résistantes.


En France, ce qui prime c'est de préserver l'efficacité des antibiotiques antituberculeux pour soigner les personnes atteintes. C'est pourquoi dans notre pays les traitements antituberculeux sont réservés aux humains et uniquement pour le traitement de cette maladie. Pour les animaux, en l'absence de traitement, et pour éviter toute diffusion du bacille à d'autres animaux ou aux personnes qui s'en occupent, il n'y a pas d'autre solution que l'euthanasie ou l'abattage des animaux infectés ou en incubation.

Quelles mesures de précautions sont prises par les autorités sanitaires ?

 
La réglementation européenne impose une surveillance de cette maladie, à la fois dans les élevages et dans les abattoirs. Des contrôles sont ainsi réalisés dans les élevages par des vétérinaires mandatés par l'Etat et par des agents de l'Etat, présents en permanence dans les abattoirs, sur les animaux destinés à la boucherie.

Les animaux qui ont réagi positivement au test dit de la tuberculination en élevage, font l'objet d'un abattage à part des autres animaux. Une inspection post-mortem approfondie est ensuite réalisée par un vétérinaire. En l'absence de lésions de tuberculose, les carcasses peuvent être commercialisées. Si des lésions sont apparentes et localisées, la partie concernée est enlevée et le reste de la carcasse peut rentrer dans la chaîne alimentaire, car dans ce cas la bactérie est absente des muscles de l'animal.


poumon de bovin présentant des lésions de tuberculose

Si les lésions sont disséminées, l'ensemble de la carcasse est exclue de la consommation et part à l'équarrissage, car il y a un risque de contamination des muscles et des abats. Enfin, ce sont ces lésions dites « ouvertes » qui peuvent être contagieuses.

Et que peuvent faire les éleveurs pour protéger leurs troupeaux ?

La lutte et la prévention de la tuberculose est véritablement l'affaire de tous. Si nombre de mesures de dépistage et d'éradication de la maladie sont du ressort de l'action des autorités, les éleveurs ont également des mesures à prendre à leur niveau. Ces mesures générales de protection de l'élevage s'insèrent dans ce qu'il est convenu d'appeler la "biosécurité".

La détection de la tuberculose bovine passe par le contrôle en abattoir

Dans les départements avec un historique « important » et récent de tuberculose (plus d'un élevage atteint sur 1000) le dépistage de la tuberculose est encore réalisé par des intradermo-tuberculinations périodiques. C'est également le cas lors du contrôle à l'introduction pour les animaux qui proviennent de ces départements ainsi que tous ceux qui transitent plus de 6 jours dans les circuits de négoce.

Partout ailleurs, la rareté de la maladie fait que l'on se concentre sur la recherche de lésions en abattoir. Toute lésion suspecte est analysée au laboratoire. Si le résultat est positif, l'enquête de traçabilité menée par la DD(CS)PP permet de retrouver l'élevage dont provient le bovin atteint. Cet élevage est déclaré infecté.

Les exploitations qui ont acheté ou vendu des bovins à l'élevage infecté sont aussi identifiées. Des tuberculinations permettent de vérifier si les animaux ont été sensibilisés au bacille de la tuberculose. Un résultat positif entraîne « l'abattage diagnostique » de ceux qui réagissent. C'est uniquement lorsque l'on retrouve le bacille de la tuberculose sur les prélèvements faits à cette occasion que l'élevage est déclaré infecté.



Pour en savoir plus, consultez également :
tuberculose humaine :
 le site de l'INSERM
tuberculose animale :
la fiche de l'OIE
le site du GDS du Cher
Ministère de l'Agriculture
Merck Veterinary Manual






































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