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Bovin Maladie Boiterie

Le parage, une nécessité pour éviter les boiteries des bovins

Derniére mise à jour le : 20/05/2019

Le parage est une technique visant à enlever l'excès de corne sur un pied de bovin. Selon Morgan Nicoud, pareur professionnel au sein du GDS 38, le parage est « nécessaire pour éviter que les animaux ne boitent. Pour diverses raisons, les bêtes peuvent moins se déplacer dans le bâtiment et donc, la corne ne s'usera pas naturellement. Cela peut arriver dans les élevages un peu intensifs, où les bovins ne marchent pas beaucoup et sont poussés à la production. La corne pousse alors plus vite sans être usée. On voit aussi des cas où, à cause de certains tapis trop mous, les bovins peuvent souffrir des quatre pieds alors que d'habitude, ce sont les pieds arrières qui sont le plus touchés ».


Si on laisse cette corne - poussant, en moyenne, d'un centimètre par mois - le pied du bovin peut se déformer. Il faut donc l'enlever pour éviter que l'animal ne boite. Une opération délicate qui doit être réalisée par des pareurs professionnels, « soit en prévention, soit pour soigner les bêtes quand elles ont mal. Mais il vaut mieux le faire pendant l'hiver, avant qu'elles ne ressortent dans les prés », détaille Morgan Nicoud, diplômé de la seule école française formant à ce métier.

Pourquoi faire parer les bovins ?

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Plus l'animal boitera, et moins il se déplacera. Voire même, « il se couchera de plus en plus et se nourrira moins. Ce qui impactera directement la production. Cela peut jouer sur la lactation et la reproduction », affirme Morgan Nicoud.

Si l'éleveur se rend compte que l'animal souffre, se déplace moins et boite, il doit appeler rapidement un professionnel pour remédier au problème. « Dès que l'éleveur s'aperçoit d'un souci sur un ou plusieurs de ses animaux, il nous prévient et nous venons l'aider. En février et mars - période la plus importante pour le parage - un professionnel du Nord de la France vient nous aider pour répondre à toutes les demandes », note Morgan Nicoud.

 

 

Quelle est la meilleure période ?

La saison de prévention se fait surtout d'octobre à avril. Quant au curatif, cela se fait tout au long de l'année. « En fait, comme tous les éleveurs ne surveillent pas toujours les pieds de leurs bovins, dès que la saison du parage préventif démarre, nous leur envoyons un courrier pour les inviter à prendre rendez-vous », précise le pareur de SSE 38. Cette opération s'étale, en principe, de fin septembre à juillet.

Avec quel matériel ?

Le professionnel se rend chez l'éleveur avec une cage de contention pour tenir l'animal et lui lever le pied afin de faciliter l'opération.

DSCN9017Le GDS 38 a investi dans une nouvelle cage, à moteur hydraulique. « Celle d'avant était électrique et on était les derniers à posséder ce type de matériel. Son armature ne faisait que 300 kg... Parfois, elle pesait deux fois moins que les vaches que nous soignions, témoigne Morgan Nicoud. Aujourd'hui, la nouvelle est plus lourde et pèse 800 kg. Les vaches glissent moins et sont mieux tenues.


Une corde, reliée au moteur hydraulique, permet de tenir fermement leur pied. Elle le prend derrière, entre l'onglon et l'ergot, et il y a même un support anti-coups. Les vaches se sentent plus en sécurité qu'avant et, on a pu gagner en productivité : maintenant, on peut s'occuper de 45 à 50 vaches par jour contre une trentaine seulement avec l'ancienne »
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Cette cage est équipée de plusieurs "options", installées par son propriétaire d'origine, un pareur privé du Morbihan. Un investissement qui, outre la sécurité pour l'animal, assure au pareur un chantier plus sûr et un travail plus confortable.

Témoignage

« Si une bête boite, la production peut en pâtir »

Jean-Pierre Prudhomme est éleveur laitier au Mottier. Depuis quinze ans, il fait pratiquer par les services du GDS au parage préventif de ses animaux. Une nécessité, selon lui car si une vache boite, la production peut en pâtir. « Lorsqu'une vache boite et ne peut plus marcher, elle reste couchée. Ainsi, elle mangera moins et donc produira moins. Elle ne boira pas et se déshydratera. Tout un ensemble de conséquences peuvent découler d'une simple blessure. Puis, au-delà de ça, je n'aime pas quand mes bêtes souffrent, c'est donc pour ça que chaque année, avant l'hiver, je fais appel aux services d'un pareur professionnel ».



L.A
Paru dans Terre Dauphinoise, n°2915 du 6 janvier 2011












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