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Bovin Maladie Besnoitiose

La besnoitiose bovine

Derniére mise à jour le : 14/05/2019

La besnoitiose, maladie parasitaire, peut atteindre gravement le cheptel bovin. Cette maladie est apparue récemment en région Rhône-Alpes. Pour les éleveurs, il est indispensable de savoir prévenir son apparition et, lorsque le troupeau est infecté,  de la combattre efficacement afin d'en maîtriser les conséquences sur les animaux.
 
Où est présente la besnoitiose ?


La besnoitiose bovine est bien connue en Afrique subsaharienne, au Moyen orient, en Asie, mais aussi en Europe du sud (Espagne, Portugal, Italie, France...).

En France, cette maladie émergente est en extension au sud d'une ligne Nantes-Lyon. Ces dernières années, elle est apparue dans plusieurs départements y compris en Rhône-Alpes et son extension géographique semble s'accélérer.

Elle apparaît d'abord par foyers disséminés, puis diffuse autour pour devenir endémique. Elle est peu connue des éleveurs et des vétérinaires en dehors des foyers anciens des Pyrénées.

La besnoitiose est pourtant une vieille maladie dont on parle depuis l'époque romaine. On la pensait proche de l'extinction dans les années 80 en France, puis elle a de nouveau diffusé à partir des années 1995-2000.


La transmission de la maladie et les symptômes 

La besnoitiose se propage par les mouvements d'animaux infectés et, localement, elle est surtout transmise par les piqûres d'insectes hématophages (taons, stomoxes, ...) et l'utilisation d'aiguilles à usage multiple dans les élevages infectés.


La maladie atteint tous les bovins quelle que soit leur race mais, de manière plus importante, les jeunes à partir d'un an et les taureaux qui deviennent définitivement stériles.

La besnoitiose touche souvent quelques individus dans un troupeau, mais parfois, des lots entiers de génisses sont contaminés donnant à la maladie une allure pseudo épidémique.

La maladie incube au minimum une semaine puis se manifeste en trois phases successives, d'intensité variable :

=> 3 à 10 jours : une phase fébrile avec une forte fièvre. Le bovin est essoufflé, le nez et les yeux coulent (écoulement clair).
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=> 1 semaine à 3 semaines : une phase d'oedèmes qui se forment sous la peau devenue chaude et douloureuse (chanfrein, auge, membres, mamelles, ...).

=> Plusieurs mois : phase de sclérodermie. La peau s'épaissit, se plisse ; des crevasses se forment et s'infectent ; des kystes peuvent apparaître notamment sur les yeux. L'état général se dégrade et peut aller jusqu'à la mort ou l'euthanasie.
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Etant donné son mode de transmission, la maladie est plutôt saisonnière (juin à octobre) mais il existe des cas hivernaux (réactivation des kystes...).

La détection pose un réel problème : méconnaissance, premiers symptômes non spécifiques, période de gros travaux où les animaux (allaitants en particulier) sont au parc donc difficiles à observer régulièrement.

Par ailleurs, la contamination d'un bovin ne se traduit pas toujours par l'apparition de signes cliniques. De nombreux porteurs ne peuvent être détectés que par sérologie (ces derniers mois, des tests relativement fiables ont été mis au point). Il n'existe pas encore de test précoce de dépistage ; la sérologie se positive au bout de trois ou quatre semaines.

Au bout de quelques années (5 ou 6 ans), il semblerait que la maladie s'atténue dans un élevage, sans cas cliniques. C'est une illusion de disparition de la maladie qui s'est installée à l'état endémique. De nouveaux cas peuvent resurgir sans raison notoire.

 Le traitement


Détectée précocement, la besnoitiose peut être traitée dans les tous premiers jours par de fortes doses d'anti-infectieux (sulfamides).
Le bovin malade peut alors reprendre du poids, vêler normalement ou être engraissé pour être commercialisé car la viande est consommable.
Cependant, traités et guéris (en apparence), les animaux restent porteurs de la maladie et représentent des réservoirs (les kystes persistent de nombreuses années). Ils peuvent également rechuter.
Un traitement tardif (au-delà de la phase d'oedèmes) est sans effet.

Sauf cas exceptionnels (vus sur des cheptels vierges brutalement infectés), la Besnoitiose est responsable d'une mortalité assez faible mais il est parfois nécessaire d'euthanasier des animaux trop gravement atteints.

En revanche, elle entraîne des pertes économiques très importantes :
- baisse de production due à la morbidité et à la mortalité
- infertilité (la stérilité des taureaux infectés est souvent définitive)
- moins value économique des animaux commercialisés
- réforme précoce des bovins atteints et problème de renouvellement des cheptels
- coût élevé et contrainte des traitements longs, pour des résultats souvent peu probants.

La prévention

A ce jour il n'existe pas de vaccin.
Compte tenu des difficultés d'identification de la maladie et de traitement, d'espoir limité de l'éradiquer dans un troupeau et des fortes conséquences économiques, la prévention doit être stricte, d'une part, pour éviter son introduction dans le troupeau et, d'autre part, pour limiter la propagation.

Pour cela, il faut :

1 - Limiter les introductions d'animaux et les mouvements, type estive en zone infectée.

2 - Contrôler tous les achats en sérologie (test Elisa avec confirmation en Western Blot pour les résultats douteux).

3 - Examiner attentivement (vétérinaire) la sclère oculaire et les zones à peau fine (pli de la queue et appareil génital) pour détecter des aspects granuleux dus aux kystes et faire pratiquer, en cas de doute, des sérologies (idem achat).

4 - Repérer et éliminer les animaux contaminés lors des mouvements (estives, introductions, ...).

5 - Observer régulièrement les animaux en période estivale, détecter la phase fébrile et, si possible, rentrer tout bovin qui s'arrête de manger ou qui reste isolé.

6 - Limiter les contacts avec les insectes piqueurs, vecteurs de la maladie (traitements renouvelés toutes les quatre semaines).

En cas de présence avérée de la maladie sur un ou plusieurs sujets, il convient de prélever du sang sur la totalité des bovins de plus de 5 mois, pour effectuer une sérologie individuelle. Cette série de sérologies permet d'évaluer l'intensité de l'infection dans le troupeau (prévalence) et de choisir une stratégie de contrôle.
 
 Votre élevage est touché - que faire ?

Immédiatement :

 
-Isoler les animaux atteints, les rentrer s'ils sont au parc afin de limiter la contamination du troupeau et de pouvoir les soigner.

-Observer le troupeau tous les jours pour repérer les malades dès le début de la fièvre. C'est le seul moment où les traitements peuvent être efficaces pour limiter les pertes, mais, même apparemment guéris, les animaux restent infectants et doivent être réformés en priorité.
 
-Traiter le plus vite possible, avec des sulfamides, à dose suffisante, et pendant suffisamment longtemps (voir protocole de soins avec le vétérinaire notamment sur les aspects posologie et voie d'administration : intra veineuse, ...).
 
- Utiliser exclusivement des aiguilles à usage unique, y compris pour les sous-cutanées, les interventions de groupe et les prophylaxies.
 
-Mettre en place des traitements insecticides pour essayer de limiter l'extension de la maladie (notamment en été en forte période d'activité des insectes).
 
- Si  les  malades  sont  des  animaux  qui  viennent  d'être  introduits,  les  éliminer  en  boucherie  dès  que  possible,  sans chercher à les engraisser (ça pourrait être en pure perte).
 
Rapidement :

Il faut savoir  où  on en  est et établir  une stratégie  de  lutte  adaptée  à  son  propre  environnement  et  à  son  propre  cheptel
Cela commencer par réaliser une prise de sang et analyse sérologique sur tous les animaux de plus de 6 mois : 

- Si moins de 10% des animaux sont positifs, essayer de s'assainir en les éliminant vers la boucherie et en ayant un plan de prévention complet.
- Si plus de 30% sont  positifs, essayer de vivre avec la maladie en limitant ses effets grâce au plan de prévention. Réformer en premier lieu les animaux qu'on suspecte être les plus fortement infestés (« les plus gros réservoirs de parasites », à savoir les malades traités et les porteurs de kystes).

Entre les deux : à décider au cas par cas.

Ne pas contaminer les autres :
- A distance : gérer le risque commercial par une stratégie claire : Contrôler par sérologie les animaux vendus à l'élevage, avant leur départ de l'exploitation. 
- Etablir une conduite de pâturage permettant une séparation physique des cheptels de plusieurs centaines de mètres, surtout pendant le printemps et l'été, pour que les taons ne passent pas de l'un à l'autre.
- A  l'intérieur  du  troupeau :  éviter  la  proximité  des  différents  lots  si  certains  ne  sont  pas  contaminés,  surtout pendant le printemps et l'été.  
- Echanger  avec  les  éleveurs  voisins  pour  définir  des  mesures  de  lutte  et  de  prévention  concertées :  exemple,  traiter  en  même  temps  contre  les  parasites  externes  ...  La  besnoitiose  n'est  pas  une  maladie  honteuse,  il  est nécessaire d'en parler.
 
A plus long terme :
 
- Observer : Essayer de repérer les parcs et pâtures qui sont plus propices à la propagation de la maladie (forte présence d'insectes). Eviter d'y mettre les animaux aux périodes de plus forte contamination. Eviter qu'ils n'y couchent. Eviter  le couchage répété aux mêmes endroits (concentration de bouses et donc d'insectes). Avoir une stratégie de lutte contre les insectes

- Augmenter le nombre de génisses gardées pour le renouvellement pour pouvoir réformer plus fortement, car les lots de jeunes sont plus fortement touchés dans les troupeaux atteints depuis plusieurs années.

- Eviter les périodes de vêlage importantes en été : la fin de gestation est peut être un stade physiologique qui rend les animaux plus sensibles et la période plus propice à la contamination (forte présence d'insectes).
 
- Garder  un  équilibre  entre  les  différentes  productions  de  l'exploitation,  si  possible,  pour  ne  pas  mettre  en  péril  la stabilité économique en cas de forte atteinte du troupeau bovin par la besnoitiose.
































































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