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Un élevage bio de volailles

Un élevage bio de volailles



Jacques Rimbault : “ Quand on travaille pour le bien-être des animaux, on travaille aussi pour son propre bien être ! ”




 L’Adab

L’Adab (Association pour le développement de l’agriculture biologique) compte environ 130 adhérents dont 54 producteurs bio ou en conversion en Isère, 23 en Savoie, 14 en Haute-Savoie et 14 dans l’Ain. Association loi 1901, elle a été  créée en 1984 par des agriculteurs biologistes en réponse aux problèmes spécifiques de l’agriculture biologique. Quatre techniciens soutiennent les agriculteurs engagés dans cette voie tandis que des essais sont régulièrement mis en place chez les adhérents.
Renseignements au 04.76.20.68.65.

  “ Pouvoir travailler en conformité avec mes idées, c’est un luxe ! ” admet Jacques Rimbault, agriculteur bio à la ferme de Valensole. Eleveur de volailles à Saint-Just-de-Claix depuis 5 ans, il ne regrette pas son choix. “ Le bio correspondait à ce que je voulais faire, à l’idée que je me faisais de l’agriculture ”, dit-il. Ingénieur agricole, il bifurque vers la profession peu avant ses 40 ans après une longue expérience dans le développement de l’emploi salarié agricole.

“ Quand on travaille pour le bien-être des animaux, on travaille aussi pour son propre bien-être. On est quand même mieux au grand air ! ”, s’exclame Jacques Rimbault. Sur trois hectares de terrain au-dessus des berges de l’Isère, il élève poulets, pintades et canards (80% de la production), dindes et oies (20% de la production) dans ses poulaillers amovibles. “ En agriculture biologique, le parc est divisé en deux avec un vide sanitaire obligatoire de deux mois. Une période insuffisante pour casser les cycles parasitaires ”, évalue-t-il. Par prévention, il n’hésite pas à rallonger ces temps d’assainissement naturel.

Les problèmes viennent du sol
Depuis son installation, aucune épidémie n’a touché ses volailles qui n’ingurgitent ni traitement ni antibiotique. “ Il faut raisonner avec son environnement ”, explique Jacques Rimbault. “ A mon avis, les problèmes de la volaille viennent du sol. Avec un terrain trop humide ou trop venté, je ne pourrais pas faire du bio. ” Il a l’avantage d’avoir des sols qui sèchent rapidement même en cas de grosses intempéries. Il veille aussi à éviter les courants d’air dans les poulaillers. “ Sur cette base là et avec une faible densité des animaux, on évite 80% des problèmes. Mais je ne suis pas à l’abri d’une épidémie ”, reconnaît-il. Son principal fléau, l’année dernière, était le renard. Mais le prédateur, repoussé une fois par la clôture électrique où il a perdu quelques plumes, va désormais chasser ailleurs.

120 à 150 volailles par semaines
Jacques Rimbault produit entre 7000 et 7500 volailles par an avec des poussins achetés à un jour. Il possède son propre abattoir et un atelier de transformation. “ Ce qui est intéressant, c’est d’inventer des recettes ”, explique cet éleveur qui s’occupe seul de l’élevage, de la transformation et de la vente des volailles de l’exploitation. Sur le marché, il avoue avoir moins de difficulté à vendre ses produits que le fermier traditionnel, “ mais on ne gagne pas plus ”, précise-t-il. Au rythme de 120 à 150 volailles par semaine, Jacques Rimbault estime avoir atteint son maximum de rentabilité. Il souhaiterait désormais embaucher un employé pour développer l’accueil à la ferme et son activité de ferme pédagogique. Une partie pentue de son terrain est déjà aménagée en sentier paysager visités par les scolaires dans le cadre du réseau du chemin des fermes.

Une philosophie de vie
Dans son environnement biologique depuis 5 ans seulement, Jacques Rimbault ne regrette pas son passé auprès des chambres d’agriculture du Midi-Pyréné et du Jura. “ Je ne pourrais pas redevenir salarié ”, avoue-t-il. Après une expérience de 2 ans à Mayotte pour développer l’élevage de volailles, il rejette ce modèle beaucoup trop intensif pour lui. Pour franchir le cap de l’installation, il dit s’être “ inspiré de ce qui se faisait dans la Bresse, où l’activité volaille fait souvent vivre l’exploitation ”. Jacques Rimbault ne trouve encore pas le temps de s’impliquer dans la vie communale et agricole. “ Tout est une question d’organisation ”, plaide-t-il, toujours en recherche d’une nouvelle façon d’agir qui corresponde à sa philosophie de vie.

Catherine Pellotier





























FRGDS Auvergne Rhône-Alpes

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