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Un programme national de recherches sur la Tremblante
Un programme national de recherche sur la tremblante
La maladie de la tremblante du mouton, rattachée au groupe des Encéphalopathies Spongiformes Transmissibles, inquiète les autorités sanitaires pour sa proximité avec l’ESB. L’été dernier, des chercheurs anglais ont mené des expériences de laboratoire pour évaluer la possibilité d’une transmission de l’ESB aux petits ruminants. Les résultats, tous négatifs à ce jour, n’ont pas permis de confirmer cette supposition. Mais dans un avis du 5 mars 2002, l’Afssa prend l’hypothèse au sérieux : “ il n’y a pas à ce jour de présence avérée d’ESB chez le mouton. Mais nous avons connu de fausses alertes qui justifient que nous soyons prêts si des faits scientifiques nouveaux devaient intervenir ”, précise son directeur Martin Hirsch. Le programme national de recherches mis en place par le ministère de l’agriculture a deux objectifs : évaluer la prévalence de la maladie dans les cheptels français et analyser les souches positives “ afin de rechercher une éventuelle contamination des petits ruminants par l’agent de l’ESB ”, précise la directive. 95.000 ovins et caprins seront testés aux abattoirs et équarrissages. Ces bêtes de plus de 18 mois seront choisis au hasard sur une période s’étalant d’avril à novembre 2002.
Seul moyen raisonnable d’éradiquer la tremblante, le programme de sélection génétique des animaux résistants est renforcé. “ Le but est qu’il n’y ait que des béliers résistants/résistants dans les élevages ”, explique Maria Nicolas, de l’UPRA des pré-Alpes du Sud (une race présente dans le Trièves en Isère). Depuis le début de l’année, trois quart des béliers pour l’ensemble de la race dont elle s’occupe ont été testé. “ Nous avons dû embaucher quelqu’un pour faire les prises de sang ”, dit-elle. “ Le laboratoire de l’INRA, seul habilité à faire ces analyses, a une capacité de 1500 analyses par semaine or il en reçoit 2500, les résultats ne sont pas connus avant cinq semaines ”, déplore-t-elle. Quand un bélier avec un gêne hyper-sensible ou sensible à la tremblante est détecté, il est demandé à l’éleveur de l’éliminer pour le remplacer par un animal résistant. Pour les femelles dans le même cas, elles ne doivent pas être utilisées pour la reproduction.
La déclaration de la suspicion, obligatoire, est toujours d’actualité. Les mesures de police sanitaire sont renforcées. La nouvelle réglementation oblige l’euthanasie sans délai de tous les ovins présentant les signes cliniques de la maladie et l’abattage de tous les caprins de l’exploitation. Le cheptel exposé à la maladie ne peut exporter pendant trois ans.
C.P.
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