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La surveillance de la grippe A (H1N1) se concentre sur les cas les plus graves

Le dispositif de surveillance et de prise en charge de la grippe A (H1N1) dit "grippe mexicaine" évolue : les médecins traitants sont maintenant habilités a prendre en charge les malades qui présentent une suspicion de grippe A (dite grippe mexicaine). Seuls les cas groupés et ceux nécessitant une hospitalisation doivent être signalés aux DDASS ou à l'InVS. Pour les vaccins, il faudra encore patienter...

 Le virus est présent et circule en France métropolitaine

Dans son bulletin du 15 juillet 2009, l'InVS (Institut de Veille Sanitaire) fait le point sur la situation en matière de grippe A (H1N1) pour la France. Depuis le début de l'épidémie, 14 épisodes de cas groupés qui ne sont pas liés à des voyages à l'étranger ont été diagnostiqués. Ceci montre que le virus circule activement mais encore de manière limitée au sein de la population française. Plus précisement, au 15 juillet à 11 heures établi la situation était la suivante pour 5359 signalements :
  • 3228 cas exclus sur la base du questionnaire (autre pathologie manifestement responsable des symptômes) et 1266 autres cas exclus après analyses virologiques négatives,
  • 414 cas confirmés en France métropolitaine (et 67 cas confirmés dans les départements et territoires d'outre mer),
  • 43 cas étaient cours d’investigation,
  • 25 épisodes de cas groupés dont 14 sans lien identifié avec un voyage à l'étranger,
  • six cas de grippe nécessitant une hospitalisation ont été rapportés. Ils sont âgés de 14 à 70 ans et 4 sont de sexe féminin. Cinq d’entre eux ont été hospitalisés pour pneumonie suspectée ou avérée, un pour exploration d'une fièvre prolongée. Trois malades sont sortis de l'hôpital. Aucun décès n’est signalé.
En Rhône-Alpes, 35 cas ont été confirmés, 41 sont probables, et 424 ont été infirmés sur la base d'analyses virologiques ou du questionnaire d'enquête.



 La surveillance se concentre sur les cas groupés et ceux nécessitant une hospitalisation, tandis que la prise en charge des malades se fera désormait par les médecins généralistes

Les autorités sanitaires françaises ont annoncé une adaptation du dispositif. La prise en charge des patients se fera directement par les médecins traitant, sans passer passer par le 15 (SAMU). Ce basculement devrait s'opérer d'ici le 23 juillet. En attendant, « Le SAMU et le centre 15 restent en place mais il est destiné à prendre en charge les cas graves et les enfants de moins de un an » est-il précisé dans les intructions du ministère de la santé.

De leur coté, les médecins devront signaler à la DDASS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) ou, à défaut, à l'InVS, tout épisode de cas groupés de syndrome respiratoire aigu à début brutal, défini par la survenue d'au moins 3 cas en une semaine dans une même collectivité (famille, classe, unité de travail, colonie de vacances) et l'absence d'éléments évocateurs d'un autre diagnostic. De même, tous les cas de diagnostic confirmés par une analyse virologique et les personnes hospitalisés ayant un lien épidémiologique avec ces cas confirmés doivent être signalés à l'InVS.

Toutefois, ces signalements de cas groupés ne sont pas applicables dans les zones où des virus grippaux saisonniers ou autres pathogènes respiratoires saisonniers circulent de manière importante, précise l'InVS.

 Stratégie vaccinale en cours de réflexion

Au cours de la conférence donnée le 15 juillet 2009, le ministre de la santé Mme Roselyne Bachelot a déclaré avoir commandé 94 millions de doses de vaccin auprès de trois laboratoires (Sanofi Pasteur, GlaxoSmithKline et Novartis). Le vaccin nécessite en effet deux injections pour protéger efficacement. La production industrielle du vaccin, théoriquement possible depuis le 27 mai dernier (mise à disposition des laboratoires de la souche virale responsable de l'actuelle pandémie) prendra toutefois plusieurs mois. En outre, pour Sanofi-Pasteur le démarrage de la production a été retardée par la fin de fabrication des vaccins contre la grippe saisonnière. C'est au cours de la semaine 30 que Sanofi-Pasteur et Novartis ont annoncé avoir commencé la production des premiers lots qui devront encore être testé et validés avant de pouvoir être diffusés au plus tôt entre septembre et décembre.

Pour l'instant la capacité totale de la production mondiale de vaccins contre la grippe A (H1N1) d'ici l"hiver 2009 est estimée entre 650 et 700 millions de doses. GlaxoSmithKline et Sanofi-Pasteur ont annoncé respectivement que 50 pour le premier et 27 pour le second millions de doses seront réservée à l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) pour les pays du tiers monde. Mais face à la disproportion entre les besoins et les capacités de production, l'OMS recommande de vacciner en priorité les personnels de santé, puis par ordre de priorité, les catégories suivantes de la population: les femmes enceintes, les enfants [et toutes les personnes, ndr] de plus de 6 mois atteints d’une affection chronique grave; les personnes en bonne santé âgées de 15 à 49 ans; les enfants en bonne santé; les adultes en bonne santé âgés de 50 à 64 ans et les adultes en bonne santé âgés de 65 ans et plus. Les objectifs de cette vaccination sont de :
  • préserver l’intégrité du système de soins et des infrastructures essentielles;
  • réduire la morbidité et la mortalité; et
  • réduire la transmission du virus de la grippe pandémique au sein des communautés,
D'autres pistes sont également à l'étude par les autorités sanitaires de plusieurs pays en voie de développement habitués à devoir gérer des campagnes de vaccination massive de leurs populations. Notamment la possibilité de mettre en oeuvre des minidoses de vaccin non adjuvés administrées par voie intradermo. Potentiellement à la clé un nombre de doses disponibles multiplié par 5 à 10 ainsi qu'un gain de temps et une économie de matériel pour l'administration.

Enfin, en France, à ce jour la stratégie vaccinale contre le virus A(H1N1) n’est toujours pas encore clairement arrêtée. Le ministère de la santé s'interroge sur le caractère obligatoire a donner à cette vaccination et sur la définition des populations prioritaires, des populations à risques et sur l'ordre de vaccination pour notre pays. Espérons simplement que la stratégie sera définie et les vaccins mis à disposition avant que le virus n'ait trop diffusé au sein de la population et avant que l'épidémie ne se soit bel et bien transformée en pandémie...

 En cas de pandémie, le fonctionnement des exploitations agricoles est lui aussi menacé

Dans le cadre du plan gouvernemental de crise en cas de pandémie, une place particulière est faite à l'élevage et au maraîchage. Pour trois raisons spécifiques :
  • d'une part la plupart des exploitations sont conduites par une à cinq personnes. Un taux de morbidité (pourcentage de personnes malades) de 10 ou 15 % n'a pas de sens. Une personne malade et au lit pendant une à deux semaines dans un Gaec à deux va entraîner une perte de 50 % des forces vives de l'exploitation ! Si cette situation concerne une exploitation agricole sur cinq, les conséquences seront bien plus dramatiques que pour des PME d'une centaine de salariés confrontées à un taux d'absentéisme de 15 p.cent.
  • les denrées alimentaires produites sont périssables. Dans le cas du lait, il est impossible de le stocker sur place. Or en cas de pandémie, des difficultés dans le ramassage sont à prévoir par à coups sur une période pouvant aller jusqu'a 4-5 semaines. Il probable qu'il faudra pouvoir s'adapter au besoin en réduisant la production.
  • pour les productions animales hors-sol, ces difficultés sont doublées par les contraintes sur l'approvisionnement en aliment. Là encore, les capacités de stockage sur l'exploitation sont déterminantes si les fournisseurs ne sont plus en état d'honorer leurs commandes aux dates attendues.
Pour plus d'informations, téléchargez le guide pratique pour les exploitations agricoles :
 

MD Pandemie_grippale_Consequences_et_guide_pratique_pour_les_agriculteurs.pdf




























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