Hygiène et bien-être
Abattage sanitaire, un mal nécessaire
Derniére mise à jour le : 07/02/2007
Abattage
sanitaire :
Traumatisant mais nécessaire
La procédure suivie lorsqu'un abattage sanitaire est nécessaire sur une exploitation reste simple mais méconnue car heureusement assez rare. Michel Duprés, directeur adjoint du groupement de défense sanitaire de l'Isère (GDS 38) fait le point.
La réglementation actuelle distingue deux grands cas.
- l'abattage partiel ou plus exactement "ponctuel". Cette situation s'applique dans des situations précises : soit en présence d'un bovin infecté de leucose, soit lorsque l'abattage est nécessaire afin de réaliser des prélèvements pour permettre un vrai diagnostic lorsqu'il y a suspicion de tuberculose, brucellose, une suspicion clinique d'ESB,..., et enfin en cas d'élimination préventive d'un animal "issu" d'un troupeau déclaré infecté tuberculose ou brucellose.
- l'abattage total dans le cadre d'une maladie réglementée (tuberculose, brucellose, ESB). Cette situation ne concerne qu'un troupeau ayant une véritable infection, avec analyse montrant la présence réelle du microbe ou de l'agent responsable de la tuberculose ou de la brucellose ou de l'ESB.
Enfin, il ne faut pas oublier les réformes des animaux pour des motifs "sanitaires". Cela peut concerner des réformes pour causes de mammites, d'infection par la néosporose, des bovins dépistés IPI (BVD), des infectés paratuberculose, etc.
En ce qui concerne l'abattage partiel, on trouve une aide de l'état (DDSV) de 229 euros en complément de la valeur viande. En 2006, une trentaine de bovins a été concernée par ces aides dans notre département. Pour l'essentiel, il s'agissait d'animaux issus de troupeaux avérés tuberculeux par la suite, et qui ont été ainsi éliminés avant de présenter un risque de contamination pour les éleveurs qui les ont acquis.
Dans le cadre d'un abattage total, le troupeau fait l'objet d'une expertise réalisée par deux experts indépendants (un agriculteur et un technicien professionnels de l'élevage que l'exploitant choisi sur une liste de personnes agréées par le préfet). Les animaux sont indemnisés par l'Etat à concurrence de leur valeur de remplacement, majorée de frais liés à la reconstitution du cheptel, des pertes de production consécutives à l'abattage, etc. Les services de l'Etat disposent d'un barème d'appréciation de l'expertise décrit en détail dans l'arrêté ministériel du 30 mars 2001. Par exemple, lorsque des vaches sont estimés à plus de 1500 ? les experts doivent argumenter leur chiffres avec un rapport détaillé, et au delà de 2100 euros, les animaux doivent être inscrits au livre des origines et leur valeur est calculée en fonction de leur index génétique. L'estimation des pertes de production n'est pas compliquée : 3 mois de production de lait, ou 1 an de vente de bovins viande. Mais mon expérience me fait dire qu'il vaut mieux que l'éleveur soit au réel ou au moins adhérent à une AGA (Association de Gestion Agréé), sinon, ce chapitre est toujours très difficile à justifier et donc à faire prendre en compte.
Le GDS intervient à toutes les étapes de l'abattage sanitaire.
D'abord en cas d'abattage partiel : le GDS complète les 229 euros de l'Etat, par une aide de 100 euros, ce qui porte l'aide totale à 329 euros.
Après en cas d'abattage total : nous assistons l'éleveur dans le cadre de l'expertise s'il faut l'aider à faire reconnaître la valeur des animaux. Comme l'éleveur est indemnisé à la valeur de remplacement des animaux, il n'y a pas d'aide complémentaire du GDS. En revanche, nous intervenons après pour la reconstitution d'un nouveau troupeau, en réalisant la désinfection et en finançant à titre de solidarité des examens sur les animaux rachetés. Le but est de s'assurer de reconstruire un troupeau avec le moins possible de soucis sanitaires.
Dernier cas de figure : les plans d'assainissements. Ainsi, le GDS de l'Isère apporte des aides pour l'élimination des bovins infectés de manière permanente le BVD (les IPI) ou la paratuberculose, car c'est la seule manière de s'assainir de ces deux maladies. Les aides sont dans de cas de 77 euros en complément de la valeur viande et il y a d'autres aides qui portent sur le dépistage. Pour démarrer un plan BVD ou paratuberculose, il faut d'abord qu'il y ait une confirmation de la maladie dans le troupeau par diagnostic de laboratoire.
Toutes ces aides du GDS sont réservée aux seuls éleveurs adhérents depuis au moins 3 ans, en règle vis-à-vis de l'ensemble des prophylaxies obligatoires (donc y compris varron et IBR), et tenant l'identification de leur troupeau correctement à jour.
Propos recueillis par Jean-Marc Emprin, Terre Dauphinoise
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