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Hygiène et bien-être

Registre d'élevage: quelle pertinence ?

Evaluation de la mise en place du registre d'élevage et de sa pertinence dans les élevages
 
Le registre d'élevage est un document devenu obligatoire sur toutes les exploitations par l'Arrêté Ministériel du 5 juin 2000. Malgré l'aspect réglementaire, le registre d'élevage est peu employé par les éleveurs. L'absence de registre est l'un des principaux écueils rencontrés dans la mise en place de démarches qualité professionnelles ou de filière.

Pour ces raisons, le GIE Lait-Viande Rhône-Alpes a organisé un « suivi / évaluation de la mise en place du registre d'élevage » dans la région Rhône-Alpes. Cette action avait pour but :
  • de déterminer les conditions de la bonne appropriation du registre et de sa valorisation par les éleveurs et les conseillers d'élevage
  • de tester les outils adaptés aux besoins des éleveurs
  • de doter la profession d'une expérience concrète dans les discussions avec l'administration.

Quels sont les arguments en faveur de la tenue d'un carnet sanitaire ?

Enjeux individuels

- Permet « d'avoir du recul sur ce qui s'est passé pendant la vie de la vache ». « On ne se rend pas forcément compte des avantages à tenir un carnet sanitaire avant de le faire »
- Comparaison des pathologies d'une année sur l'autre
Permet un meilleur suivi du troupeau et de « prendre conscience des animaux à problème », permet d'identifier les vaches à réformer en priorité
- Indispensable pour de problèmes de mammites
- Permet d'établir un bilan des frais vétérinaires engagés pour chaque animal

 « Permet de se rendre compte des domaines où on est bon, et de ceux où on l'est moins »
«Je me souviens habituellement bien des interventions que je fais (je n'aurais pas besoin de noter), mais noter me permet de mieux mémoriser »
« Lorsque je souhaite vermifuger mes animaux, je regarde quand j'ai fait le traitement les années d'avant, et je peux comparer »
« Noter permet de mieux s'organiser, et donc de gagner du temps »
« Remplir le carnet ne prend pas forcément plus de temps, il suffit de placer son carnet au bon endroit, de manière à le faire pendant des temps morts (en attendant qu'un veau ait fini de boire par exemple) »

  • Indispensable pour se souvenir des dates de remise en vente lorsque le délai d'attente est long
  • Indispensable en lait bio
  • Indispensable si plusieurs trayeurs sur une même exploitation, ou lors de remplacements
  • Si problème à l'abattage, permet à l'éleveur de se justifier de ses actes avec l'aide du vétérinaire
  • La laiterie peut enquêter si elle avait un problème de résidus

Enjeux collectifs


  • Traçabilité, mais certains regrettent qu'elle s'arrête à l'abattoi, et pas de contrepartie pour l'éleveur (financière ou reconnaissance)
  • La demande du consommateur fait qu'on devient obligé de noter
  • Permettrait de communiquer sur le travail fait par les éleveurs
  • Enfin, c'est également une obligation réglementaire

Le montage du test

48 élevages ont participé à l'action. Nous trouvions dans notre échantillon à la fois des éleveurs ayant déjà mis en place pour partie le registre d'élevage (avec le carnet sanitaire notamment), et des éleveurs qui n'avaient pas encore amorcé la démarche. Les éleveurs étaient suivis par 7 pilotes chargés de recruter les éleveurs, de leur expliquer la démarche, d'informer les partenaires de l'éleveur, d'assurer le suivi, et de remplir le questionnaire d'évaluation. Il s'agissait des organismes suivants : GDS 07, GDS 42, GDS 69, GDS 74, COPELSA, ORLAC, URCVL.

Les pilotes disposaient du modèle de registre d'élevage produit par la Confédération Nationale de l'Elevage, et d'un jeu de transparent pour expliquer ce qu'est le registre d'élevage. Aucun argumentaire destiné à convaincre les éleveurs n'était fourni aux pilotes.

Le test a démarré en avril 2003 et s'est achevé en octobre 2003. Au terme de cette période, les pilotes ont renseigné le questionnaire d'évaluation. Une compilation des 7 réponses au questionnaire est annexée à ce document.
Les résultats de l'enquête
Concernant les parties « caractéristiques de l'exploitation » et « encadrement zootechnique, sanitaire et médical » du registre

Les pilotes sont unanimes pour dire que ces fiches étaient délaissées par les éleveurs qui ne les remplissaient pas ou alors que très partiellement. Le manque de motivation était évident, les éleveurs ne comprenant pas l'intérêt de ces fiches, et les pilotes se trouvant démunis pour expliquer leurs raisons d'exister. De plus, les éleveurs se montraient lassés de renseigner systématiquement les mêmes informations pour tous les dossiers qu'ils on été amenés à remplir (demandes de primes par exemple).

Les pilotes se sont interrogés pour savoir s'il n'était pas possible qu'un organisme tel qu'une laiterie, GDS, cabinet vétérinaire ou Chambre d'Agriculture édite ces fiches aux éleveurs.
Concernant la partie « carnet sanitaire »

Celle-ci a été bien tenue par la plupart des éleveurs. D'après les résultats d'enquête, 39 éleveurs tenaient déjà un carnet sanitaire.

Le modèle de carnet sanitaire proposé par la CNE a été jugé trop chargé ou compliqué dans sa présentation par des éleveurs qui l'on testé. Il est essentiellement adapté aux exploitations vaches laitières. Il a semblé important aux pilotes d'insister, à l'avenir, sur la liberté de forme que pouvait revêtir le registre d'élevage et le carnet sanitaire qui le compose. Ceci passe par l'explication préliminaire de l'Arrêté Ministériel.

Les pilotes ont souhaité que les documents déjà en place soient préservés, de manière à ne pas changer les habitudes, et complétés en fonction des exigences apportées par l'A.M.
Avis des pilotes sur les conditions favorisant la mise en place du registre

Lors de cette action, les pilotes ont informé les éleveurs de ce qu'est le registre d'élevage. De plus, 4 pilotes sur les 7 ont informé les partenaires de ces élevages (techniciens, vétérinaires) de la démarche qui était en cours. Durant le suivi, les pilotes ont repris contact avec les éleveurs pour répondre à leurs interrogations éventuelles, et les motiver.

De manière générale, les éleveurs se disent peu accompagnés et stimulés pour la tenue du registre, d'autant que les vétérinaires ne le leur demandent pas lors de leurs visites. Nous constatons également que les vétérinaires praticiens sont à ce jour peu informés sur le registre d'élevage.

Dans la période de démarrage, ce suivi serait important et les pilotes rapportent que l'accompagnement qu'ils ont pu fournir durant ce test a été bien perçu par les éleveurs et primordial pour leur motivation. Ils s'accordent pour dire que ce suivi est lourd et ne pourrait pas être étendu à un grand nombre d'éleveurs, mais que dans les circonstances actuelles, ce suivi reste important pour la réussite de la mise en place du registre.

Les pilotes ont également rapporté des arguments cités par les éleveurs eux-mêmes incitant à la tenue d'un registre d'élevage. Dans les faits, les éleveurs ont souvent été amenés à adopter un carnet sanitaire à cause de leur adhésion à une démarche qualité (enjeu collectif), puis y ont trouvé un intérêt personnel par la suite, à l'usage. Les arguments recensés sont présentés en annexe.
Quelles pistes de travail à l'issue de ce test

Au terme de ce suivi, il ressort que les techniciens et vétérinaires gravitant autour des élevages sont peu informés sur le registre d'élevage. Par ailleurs, l'accompagnement qui peut être fourni aux éleveurs dans la mise en place et l'utilisation du registre d'élevage et de ses enregistrements est capital pour l'appropriation de l'outil par l'éleveur. Dans ces conditions, il devient important de communiquer auprès de ces intervenants en élevage. De plus, si ceux-ci consultaient et employaient le registre, cela valoriserait le travail fait par l'éleveur.

Lors du test, les pilotes eux-mêmes n'avaient pas tous complètement intégré les intentions du modèle de registre de la CNE. En particulier, certains y voyaient un modèle obligatoire alors qu'il s'agissait d'une proposition pour le cas où les éleveurs ne disposaient pas déjà de document. Cela signifie qu'il y a déjà des idées préconçues parmi le personnel d'accompagnement technique. Il va être nécessaire de modifier ces idées. C'est un nouveau point qu'il va falloir prendre en considération dans la sensibilisation au registre.

Sur la forme, il est ressorti de notre enquête que les éleveurs ne se satisfaisaient pas d'un modèle unique de registre d'élevage. Plutôt que d'essayer d'améliorer le modèle testé, il serait préférable pour les éleveurs ayant déjà un carnet sanitaire en place d'ajouter les informations manquantes qui sont demandées dans le cadre du registre d'élevage (n° d'ordonnance notamment), et pour les éleveurs ne disposant pas de carnet sanitaire mais souhaitant le mettre en place de disposer d'un panel de modèles en laissant la possibilité à l'éleveur de choisir. Pour cela, nous souhaitons recenser les modèles déjà produits et les archiver sur un CD-ROM.

Source : GIE Lait-Viande Rhône-Alpes

télécharger la synthèse du document d'enquête :   synthese.pdf

































































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