Peste porcine
La peste porcine classique
La Peste Porcine Classique représente
t-elle une menace pour les éleveurs de porcs ?
La multiplication des échanges d'animaux et les transferts depuis les zones d'élevages et les abattoirs, parfois très éloignés, font qu'aujourd'hui le risque pour notre région est particulièrement élevé.
Par ses conséquences économiques, le diagnostic de la peste porcine peut s'avérer être une catastrophe économique si la réaction face au virus tarde. Alertés, les pouvoirs publics mettent en oeuvre des mesures de protection drastiques destinés à limiter la diffusion de l'épizootie. Il s'agit d'empêcher la diffusion du virus par des sangliers sauvages (délimitation de zone, campagnes de tirs et élimination des cadavres de sangliers) ainsi que de traiter les exploitations porcines infectées. Pour ces dernières, ces mesures entraînent :
L'application de telles mesures lors de l'épizootie de 1997 aux Pays-Bas (424 foyers) avait entraîné la destruction de plus de 10 millions de porcs. Plus récemment, 72 000 porcs ont été abattus au Royaume-Uni en 2000 (16 foyers), et près de 400 000 en Espagne en 2001 et en 2002 (45 foyers). En plus de ces pertes directes, l'apparition d'un foyer dans un élevage porcin pénaliserait toute la filière nationale en fermant les marchés à l'exportation et parfois bien au delà du recouvrement de son statut indemne.
La vaccination est-elle possible ?
La vaccination des porcs est interdite en France et dans toute l'Union Européenne depuis 1980. Par dérogation, la Commission européenne peut autoriser un Etat membre à y recourir dans le cas où le contrôle de l'épizootie à l'aide de mesures strictement sanitaires (abattages) s'avérerait impossible. La réglementation européenne impose alors l'abattage différé de tous les porcs vaccinés. La France n'envisage pas de recourir à cette possibilité que ce soit en élevage ou pour les sangliers sauvages car les vaccins actuels ne permettent pas de distinguer, par un test sanguin, un animal vacciné d'un animal infecté naturellement. Ceci empêche tout suivi de l'épizootie. Par ailleurs, chez les sangliers, la vaccination orale réalisée en Allemagne n'a pas donné de résultats satisfaisant. Pire, l'impression de fausse sécurité qu'elle génère est à redouter.
Les derniers foyers et les origine de l'épizootie actuelle
Le foyer de Moselle serait rattaché à une épizootie de PPC qui s'est en effet développée en Allemagne sur les sangliers sauvages du district de Bitburg-Prüm en Rhénanie-Palatinat (nord-est du Luxembourg). Le pouvoir pathogène important du virus en cause et la forte densité de sangliers sauvages dans toute cette région de l'Europe (y compris la France) a favorisé la propagation de l'épizootie. Elle a diffusé, d'une part, vers la Sarre où 11 sangliers porteurs de virus ont été détectés en août 2001, et d'autre part, vers le Luxembourg où plusieurs cas ont été recensés dans le nord, l'est puis le sud du pays. Depuis le 31 octobre 2001, une cinquantaine de sangliers contaminés ont été dénombrés parmi les sangliers trouvés morts ou tués à la chasse dans le Grand Duché, dont quatre au mois de février 2002 à moins de 10 km de la frontière française.
Depuis le début de l'année, quatre élevages de porcs allemands ont été contaminés en Rhénanie-Palatinat. Au Luxembourg, quatre élevages ont été touchés, entraînant l'abattage de près de 10 000 porcs. Dans tous les cas, ces foyers sont probablement dus à des contacts directs (élevages de porcs en plein air) ou indirects avec des sangliers sauvages : alimentation des porcs par des déchets de cuisine contenant de la venaison contaminée, chasseurs contaminés rentrant dans des élevages ... En France, à l'heure où nous écrivons, la maladie a été identifiée dans un élevage de porcs de la Moselle.
La multiplication des échanges d'animaux et les transferts depuis les zones d'élevages et les abattoirs, parfois très éloignés, font qu'aujourd'hui le risque pour notre région est particulièrement élevé.
Par ses conséquences économiques, le diagnostic de la peste porcine peut s'avérer être une catastrophe économique si la réaction face au virus tarde. Alertés, les pouvoirs publics mettent en oeuvre des mesures de protection drastiques destinés à limiter la diffusion de l'épizootie. Il s'agit d'empêcher la diffusion du virus par des sangliers sauvages (délimitation de zone, campagnes de tirs et élimination des cadavres de sangliers) ainsi que de traiter les exploitations porcines infectées. Pour ces dernières, ces mesures entraînent :
- l'élimination et la destruction de tous les porcs des exploitations infectées ;
- dans certains cas l'abattage préventif de porcs des exploitations ayant eu un contact à risque avec un foyer ;
- et l'abattage, pour cause de bien-être animal, des porcs bloqués trop longtemps dans les exploitations présentes dans un rayon de 10 km autour du foyer (zone de surveillance).
L'application de telles mesures lors de l'épizootie de 1997 aux Pays-Bas (424 foyers) avait entraîné la destruction de plus de 10 millions de porcs. Plus récemment, 72 000 porcs ont été abattus au Royaume-Uni en 2000 (16 foyers), et près de 400 000 en Espagne en 2001 et en 2002 (45 foyers). En plus de ces pertes directes, l'apparition d'un foyer dans un élevage porcin pénaliserait toute la filière nationale en fermant les marchés à l'exportation et parfois bien au delà du recouvrement de son statut indemne.
La vaccination est-elle possible ?
La vaccination des porcs est interdite en France et dans toute l'Union Européenne depuis 1980. Par dérogation, la Commission européenne peut autoriser un Etat membre à y recourir dans le cas où le contrôle de l'épizootie à l'aide de mesures strictement sanitaires (abattages) s'avérerait impossible. La réglementation européenne impose alors l'abattage différé de tous les porcs vaccinés. La France n'envisage pas de recourir à cette possibilité que ce soit en élevage ou pour les sangliers sauvages car les vaccins actuels ne permettent pas de distinguer, par un test sanguin, un animal vacciné d'un animal infecté naturellement. Ceci empêche tout suivi de l'épizootie. Par ailleurs, chez les sangliers, la vaccination orale réalisée en Allemagne n'a pas donné de résultats satisfaisant. Pire, l'impression de fausse sécurité qu'elle génère est à redouter.
Les derniers foyers et les origine de l'épizootie actuelle
Le foyer de Moselle serait rattaché à une épizootie de PPC qui s'est en effet développée en Allemagne sur les sangliers sauvages du district de Bitburg-Prüm en Rhénanie-Palatinat (nord-est du Luxembourg). Le pouvoir pathogène important du virus en cause et la forte densité de sangliers sauvages dans toute cette région de l'Europe (y compris la France) a favorisé la propagation de l'épizootie. Elle a diffusé, d'une part, vers la Sarre où 11 sangliers porteurs de virus ont été détectés en août 2001, et d'autre part, vers le Luxembourg où plusieurs cas ont été recensés dans le nord, l'est puis le sud du pays. Depuis le 31 octobre 2001, une cinquantaine de sangliers contaminés ont été dénombrés parmi les sangliers trouvés morts ou tués à la chasse dans le Grand Duché, dont quatre au mois de février 2002 à moins de 10 km de la frontière française.
Depuis le début de l'année, quatre élevages de porcs allemands ont été contaminés en Rhénanie-Palatinat. Au Luxembourg, quatre élevages ont été touchés, entraînant l'abattage de près de 10 000 porcs. Dans tous les cas, ces foyers sont probablement dus à des contacts directs (élevages de porcs en plein air) ou indirects avec des sangliers sauvages : alimentation des porcs par des déchets de cuisine contenant de la venaison contaminée, chasseurs contaminés rentrant dans des élevages ... En France, à l'heure où nous écrivons, la maladie a été identifiée dans un élevage de porcs de la Moselle.
Carte n°1 : répartition des foyers déclarés
de Peste Porcine classique en Europe durant l'Année 2001
Que faire dans l'immédiat ?
Le virus de la peste porcine se transmet surtout par contact étroit entre animaux.
Les animaux sont contaminants dès les jours qui précèdent les symptômes de la maladie, et ceux qui restent vivants, restent également contaminant vis-à-vis de leur congénères sains.
Que faire dans l'immédiat ?
Le virus de la peste porcine se transmet surtout par contact étroit entre animaux.
Les animaux sont contaminants dès les jours qui précèdent les symptômes de la maladie, et ceux qui restent vivants, restent également contaminant vis-à-vis de leur congénères sains.
C'est pourquoi il faut arrêter les importations
d'animaux en provenance de zones atteintes et interdire les contacts avec
les sanglier en clôturant les élevages en plein air.
Savoir reconnaître la Peste Porcine Classique et réagir correctement face à une suspicion
S'il existe des plans d'épidémiosurveillance régulière par sondages sérologiques sur les porcs des élevages de sélections, multiplication et en abattoirs (au total 20 a 35 000 analyses par an), en matière de lutte contre la maladie, c'est la détection précoce d'un éventuel foyer qui est primordiale afin de limiter toute propagation à d'autres élevages. L'éleveur, par la vigilance qu'il exerce sur son élevage, constitue un maillon essentiel de cette surveillance. C'est pourquoi, il est important de rappeler les signes d'alerte de cette maladie :
Savoir reconnaître la Peste Porcine Classique et réagir correctement face à une suspicion
S'il existe des plans d'épidémiosurveillance régulière par sondages sérologiques sur les porcs des élevages de sélections, multiplication et en abattoirs (au total 20 a 35 000 analyses par an), en matière de lutte contre la maladie, c'est la détection précoce d'un éventuel foyer qui est primordiale afin de limiter toute propagation à d'autres élevages. L'éleveur, par la vigilance qu'il exerce sur son élevage, constitue un maillon essentiel de cette surveillance. C'est pourquoi, il est important de rappeler les signes d'alerte de cette maladie :
Aussi bien chez le porc que le sanglier, la maladie se caractérise par l'apparition d'hémorragies sous-cutanées : la peau devient violacée puis se nécrose au niveau des oreilles, du groin, des membres et du ventre.
A l'autopsie, on retrouve des hémorragies dans toute la cavité abdominale.
Dans les premiers jours de l'infection, la fièvre est très forte : jusqu'à 42 °C.
D'autres signes comme avortements (photo
de gauche), apathie (photo du centre), refus de nourriture, conjonctivite
et larmoiement (photo droite) sont également présents.
Les animaux meurent la plupart du temps en 5 a 15 jours. Mais dans sa forme suraiguë, la mort peut survenir en moins de 48 heures sans qu'on ai pu pratiquement pu constater de symptômes.
La difficulté est lié au fait que dans une même case des animaux présentant des symptômes graves et vont côtoyer d'autres qui ne paraissent pas particulièrement malades. La forme chronique est encore plus insidieuse car les symptômes sont atténués : les animaux peuvent survivre durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, certains excrétant dans le milieu extérieur de grandes quantités de virus. De même, les symptômes peuvent varier entre les différentes cases avec bon nombre d'autres maladies (maladie d'amaigrissement du porcelet, rouget, salmonellose,...). Le diagnostic clinique de la PPC reste très délicat, le bon réflexe étant de toujours ' penser PPC '. Dans de tels cas, il est indispensable d'appeler le vétérinaire sanitaire ou du laboratoire vétérinaire départemental (en cas d'autopsie) pour orienter les prélèvements vers une éventuelle recherche du virus PPC. Dans tous les cas, le diagnostic de laboratoire (virologie et/ou sérologie) devient obligatoire pour confirmer ou infirmer une suspicion.
Les animaux meurent la plupart du temps en 5 a 15 jours. Mais dans sa forme suraiguë, la mort peut survenir en moins de 48 heures sans qu'on ai pu pratiquement pu constater de symptômes.
La difficulté est lié au fait que dans une même case des animaux présentant des symptômes graves et vont côtoyer d'autres qui ne paraissent pas particulièrement malades. La forme chronique est encore plus insidieuse car les symptômes sont atténués : les animaux peuvent survivre durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, certains excrétant dans le milieu extérieur de grandes quantités de virus. De même, les symptômes peuvent varier entre les différentes cases avec bon nombre d'autres maladies (maladie d'amaigrissement du porcelet, rouget, salmonellose,...). Le diagnostic clinique de la PPC reste très délicat, le bon réflexe étant de toujours ' penser PPC '. Dans de tels cas, il est indispensable d'appeler le vétérinaire sanitaire ou du laboratoire vétérinaire départemental (en cas d'autopsie) pour orienter les prélèvements vers une éventuelle recherche du virus PPC. Dans tous les cas, le diagnostic de laboratoire (virologie et/ou sérologie) devient obligatoire pour confirmer ou infirmer une suspicion.
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Tel: - Mail : frgds.aura@reseaugds.com