Peste porcine
Retour de la peste porcine
Le diagnostic d'un nouveau
cas de peste porcine sur un sanglier sauvage
en Moselle relance l'inquiétude pour
l'élevage français de porcs et de sangliers
DGAL - Paris, le 6 mai 2002,par Isabelle CHIMILIN, Directrice Générale adjointe,
DGAL - Paris, le 6 mai 2002,par Isabelle CHIMILIN, Directrice Générale adjointe,
I. Historique
Suite à l'apparition de signes cliniques (hyperthermie, lésions hémorragiques sous cutanées, mortalité) dans un élevage post-sevrage de 395 porcins situé à Chémery-les-deux en Moselle, une suspicion de peste porcine classique (PPC) a été posée le 24 avril 2002.
Immédiatement, des mesures de protection ont été mises en place par la Direction départementale des services vétérinaires (DDSV) de la Moselle (recensement des animaux présents, mise en interdit de l'exploitation, identification des derniers mouvements d'animaux des espèces sensibles en amont et en aval de l'exploitation).
Les prélèvements virologiques réalisés le jour même ont été adressés au laboratoire national de référence (AFSSA - Ploufragan).
Sur la base des premiers résultats positifs (techniques ELISA-Ag et PCR) communiqués le 26/04, l'ensemble des porcs de l'élevage a été abattu et conduit à l'équarrissage le jour même.
Le 29/04, l'isolement viral sur culture cellulaire confirmait la présence de peste porcine classique.
II. Organisation logistique
Renforcement des équipes sur place
Suite à l'apparition de signes cliniques (hyperthermie, lésions hémorragiques sous cutanées, mortalité) dans un élevage post-sevrage de 395 porcins situé à Chémery-les-deux en Moselle, une suspicion de peste porcine classique (PPC) a été posée le 24 avril 2002.
Immédiatement, des mesures de protection ont été mises en place par la Direction départementale des services vétérinaires (DDSV) de la Moselle (recensement des animaux présents, mise en interdit de l'exploitation, identification des derniers mouvements d'animaux des espèces sensibles en amont et en aval de l'exploitation).
Les prélèvements virologiques réalisés le jour même ont été adressés au laboratoire national de référence (AFSSA - Ploufragan).
Sur la base des premiers résultats positifs (techniques ELISA-Ag et PCR) communiqués le 26/04, l'ensemble des porcs de l'élevage a été abattu et conduit à l'équarrissage le jour même.
Le 29/04, l'isolement viral sur culture cellulaire confirmait la présence de peste porcine classique.
II. Organisation logistique
Renforcement des équipes sur place
Le 26/04, un expert de l'AFSSA-Ploufragan participait en Moselle à la réalisation des prélèvements des animaux abattus en appui aux services vétérinaires et au laboratoire vétérinaire départemental.
Le 30/04, deux agents de la Brigade nationale d'enquêtes vétérinaires et phytosanitaires sont dépêchés afin d'appuyer le Directeur départemental des services vétérinaires pour la réalisation des enquêtes épidémiologiques.
Le même jour un vétérinaire inspecteur spécialiste des plans d'urgence de la DDSV des Côtes-d'Armor et un technicien de la DDSV de l'Ille-et-Vilaine rejoignent la Moselle pour aider à la mise en place des mesures sanitaires.
Organisation d'une cellule départementale de lutte
Le comité départemental de lutte présidé par Madame le Préfet, réunit l'ensemble des administrations concernées (forces de police et de gendarmerie, services de l'équipement, services de l'Agriculture) ainsi que les professionnels de l'élevage concernés (GDS, Chambre d'agriculture, syndicats agricoles,..) et les vétérinaires sanitaires. Lieu de concertation et d'échanges sur la situation sanitaire et les mesures à mettre en oeuvre, il vise à améliorer la communication entre les différents partenaires afin d'assurer une bonne application des décisions et au final une meilleure lutte contre la maladie.
Il s'est déjà réuni à deux reprises le 30/04 et le 3/05.
Comité national de lutte
Equivalent national du comité départemental, il s'est réuni sous une forme restreinte (uniquement professionnels et ministère de l'Agriculture), compte tenu de la faible diffusion de la maladie à ce stade, le 29 avril. Une nouvelle réunion a eu lieu le 6 mai.
III. Enquête épidémiologique
Enquête élevages :
Dès la déclaration de la suspicion de PPC (24/04), une enquête préliminaire a permis d'identifier les élevages ayant été en contact avec l'élevage de Chémery les deux.
10 élevages français et 1 élevage allemand reliés épidémiologiquement au foyer ont ainsi été identifiés et placés immédiatement sous restriction :
- 1 dans la zone de surveillance (10 km autour du foyer) ;
- 5 dans le département de la Moselle, en dehors de la zone de surveillance ;
- 4 dans le département voisin de la Meurthe-et-Moselle ;
- 1 en Allemagne (Rhénanie Palatinat) dans la Commune de Beuren.
Tous les élevages concernés se situent donc dans la même zone géographique (extrême Est du pays).
S'agissant de l'élevage allemand (Beuren), l'information a été portée à la connaissance des autorités allemandes le 25/04. Il est apparu très rapidement que cet élevage situé en aval de l'élevage de Chemery-les-Deux (livraison de 150 porcelets le 15/04) présentait également des signes de la maladie. Les autorités allemandes notifiaient à la Commission européenne et aux Etats membres l'apparition d'un foyer sur la base des premiers résultats positifs (ELISA-Ag et PCR) le 26/04.
D'autre part, en plus des 11 élevages reliés épidémiologiquement, un élevage voisin du foyer français (à moins de 1 km), donc situé dans la zone de protection de 3 km de rayon autour de ce foyer, a également été mis sous restriction et surveillance.
Le 26/04, suite à une suspicion en abattoir, un élevage de Moselle supplémentaire était mis sous surveillance et des prélèvements sérologiques étaient réalisés.
Dans l'un des élevages en relation épidémiologique avec le foyer (Kirsch les Sierck, Nord du département de la Moselle, proche de la frontière allemande), les premiers résultats se sont révélés suspects. Toutefois la surveillance sanitaire de l'élevage ne laissait apparaître aucun signe clinique. Deux élevages voisins de cet élevage, pouvant avoir eu des contacts indirects, ont également été mis sous surveillance le 29/04. Cette suspicion a été infirmée officiellement le 3/05 sur la base des résultats négatifs obtenus à l'issue des analyses complémentaires réalisées par le laboratoire national de référence.
Tous les prélèvements (461) sur les élevages "liés" ont été réalisés entre le 25/04 et le 29/04.
Tous les résultats reçus à ce jour sont négatifs.
Enquête équarrissage
Les listings des collectes réalisées par l'équarrissage durant la période à risque (mars, avril, mai 2002) ont été demandés à l'entreprise titulaire du marché de service public de l'équarrissage dans la région le 2/05. Ces données sont désormais transmises quotidiennement et exploitées régulièrement, dans le but de détecter toute augmentation anormale de la mortalité des porcs. A ce jour, aucun signe inquiétant n'a été constaté.
IV. Mesures sanitaires mises en place
Mise en place de périmètres de restriction (mesure communautaire) :
Conformément aux dispositions communautaires, des périmètres de protection (3 km) et de surveillance (10 km) ont été mis en place autour de l'élevage de Chémery les deux dès le 26/04.
Le 29/04 cette dernière zone a été étendue autour de la commune de Kirsch les Sierck, pour prendre en compte les zones établies autour du foyer allemand (cf. carte 1).
L'enquête réalisée dans les élevages des zones de surveillance et de protection (22 au total) n'a mis en évidence aucun signe de la maladie. En outre, les analyses qui ont été faites à partir de prélèvements dans ces élevage se sont révélées négatives.
Sous réserve qu'aucun nouveau cas n'apparaisse, les périmètres seront maintenus pendant 30 jours pour le périmètre de protection et 21 pour celui de surveillance à compter du 3 mai 2002 (date de première désinfection agréée).
Régionalisation de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle (mesure nationale):
Dans un souci de prévention maximale de toute extension de la maladie (au reste du territoire national mais également au-delà des frontières françaises), une interdiction générale de sortie des porcins de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle a été établie par instruction du ministre de l'Agriculture et de la Pêche le 26/04.
Renforcement du dispositif de lutte contre la PPC des sangliers :
Suite à l'apparition d'un foyer de Peste porcine classique au Luxembourg à proximité immédiate de la frontière française, au mois de février 2002, et face à la menace venant du territoire allemand où la maladie apparaît régulièrement, un dispositif de lutte contre la peste porcine du sanglier a été arrêté début avril. Fondé sur le renforcement de l'épidémiovigilance dans une zone considérée comme à risque, le plan vise à l'identification précoce d'éventuels sangliers séro-positifs sur le territoire français. Il repose en particulier sur la recherche systématique de la maladie sur tout sanglier retrouvé mort dans la zone à haut risque (triangle délimité par des frontières naturelles ou artificielles au sud de la frontière luxembourgeoise cf. carte 2) et sur la réalisation d'une enquête sérologique portant sur 20% des sangliers tués par action de chasse dans la bande frontalière des 10 kilomètres. En outre, les battues qui favorisent les déplacements des populations de sangliers sont interdites. Afin de limiter la population des sangliers des tirs à l'affût sont organisés et encouragés. Les carcasses des animaux chassés sont détruites et indemnisées.
Suite à la découverte d'un sanglier mort qui s'est révélé positif à la peste porcine dans la zone à risque, cette zone est transformée en zone infectée le 24 avril 2002.
Renforcement de la protection des élevages vis à vis d'une contamination éventuelle par les sangliers
Dans l'ensemble des départements de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, le contrôle de la déclaration obligatoire de la détention de suidés est renforcé. Les élevages en plein air de porcins situés dans la bande des 10 kilomètres doivent faire l'objet d'une double clôture pour éviter tout contact des animaux détenus avec des suidés sauvages.
Rappel de l'interdiction absolue de l'utilisation des eaux grasses.
V. Perspectives:
Le CVP qui se tiendra à Bruxelles le 8 mai 2002 se penchera sur la situation sanitaire de l'Union européenne au regard de la Peste porcine classique. Il sera l'occasion pour la délégation française de présenter le dispositif de lutte mis en place.
Compte tenu de l'évolution favorable de la situation, mais du risque persistant dans la région du sud de l'Allemagne, du Luxembourg et de l'extrême Est de la France, la Commission pourrait proposer une mesure visant à régionaliser l'ensemble de cette zone en l'isolant du reste du territoire communautaire. Ainsi les expéditions de porcins ou de leurs produits (semences et embryons) seraient interdites à partir de cette zone.
La délégation française fera valoir au cours de cette réunion la maîtrise de la situation et plaidera pour que la zone sous restriction en France soit aussi limitée que possible en tenant compte des barrières naturelles ou artificielles (autoroute) existantes et des dispositifs de lutte et de prévention mis en place.
Suite à la déclaration du foyer de peste porcine sur l'élevage de porcs, plusieurs pays tiers ont dores et déjà fermé leurs frontières aux produits français d'origine porcine. Une information directe via les Missions économiques ou via l'OIE devrait permettre de rétablir les flux commerciaux par la prise en compte de la régionalisation dans un premier temps puis par le recouvrement du statut du pays dans un deuxième temps (6 mois selon les règles actuelles de l'OIE).
VI .Conclusions :
Bien que la vigilance reste de mise, compte tenu de la situation en Allemagne et de la difficulté du contrôle des sangliers sauvages, la situation en France est aujourd'hui sous contrôle.
Aucune nouvelle suspicion clinique n'est enregistrée dans les élevages des départements concernés (Moselle et Meurthe-et-Moselle), bien que la vigilance ait été renforcée. Toutes les analyses conduites sur les prélèvements réalisés dans les élevages "liés" épidémiologiquement au foyer et dans les élevages des périmètres de protection et de surveillance se sont révélées négatives, à l'exception de celles concernant l'élevage allemand.
L'origine du foyer reste à ce jour indéterminée mais les enquêtes sont en cours.
Le typage du virus, en cours de réalisation, devrait pouvoir apporter des informations sur sa similitude éventuelle avec d'autres virus isolés en France ou dans les pays voisins et permettre de retracer la diffusion de la maladie.


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