Brucellose
Insectes et tiques vecteurs de maladies
Ces
maladies transmises par les insectes et les tiques
Les maladies vectorielles ont fait l'objet d'une présentation complète, jeudi 4 décembre 2008 au Creps de Voiron et vendredi 5 décembre à La Tour de Salvagny, lors de la journée sanitaire des GDS de l'Isère et du Rhône. Les spécialistes ont décortiqué le rôle des insectes et des tiques, décrit les infections les plus courantes et détaillé les moyens de lutte. Toutes les réponses aux questions ne sont pas encore apportées. La connaissance de ces maladies reste le meilleur atout des éleveurs.
. "Nous avions programmé cette journée très tôt. Entre temps, il y a eu la fièvre catarrhale ovine. Mais ce n'est pas la seule maladie vectorielle présente dans le département, assure le président du GDS de l'Isère, Michel Boursier. Nous avons également des cas de piroplasmose, d'ehlichiose et de besnoitiose ". Comment expliquer l'apparition de ces maladies ? Comment les prévenir ? Comment lutter contre les insectes vecteurs ? Toutes ces questions étaient abordées par des spécialistes invités pour cette journée sanitaire, en présence de 200 éleveurs du département. Quatre maladies affectant les ruminants ont été décrites dans tous leurs détails : la piroplasmose, l'ehrlichiose, la besnoitiose et la fièvre catarrhale. Toutes les réponses aux questions n'ont pas été apportées. L'intérêt, pour les éleveurs, est de détecter les symptômes le plus en amont possible.
Des maladies persistantes ?
Président de la commission parasitologie de la société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV), le docteur Jean-Pierre Alzieu a commencé par une description générale des maladies à vecteur. "Elles comptent une grande diversité d'agents (protozoaires, bactéries, virus), de même qu'une grande diversité de vecteurs : tiques, insectes piqueurs. Certains sont de simples vecteurs mécaniques (taons, stomoxes), d'autres multiplient le virus, c'est le cas du culicoïdes." Pour agir au plus tôt, il faut reconnaître les premiers symptômes de ces maladies. Ceux-ci se ressemblent parfois d'une infection à l'autre. "Dès que vous observez les premiers signes, contactez votre vétérinaire praticien", recommande Jean-Pierre Alzieu, montrant de nombreuses diapositives avec des infections sur les muqueuses, des rougeurs dans les yeux, des kystes, des oedèmes du bas des membres, et des animaux affaiblis, voire moribond. "La plupart du temps, la maladie est plus répandue que l'infection proprement dite, poursuit-il. Ce que vous voyez n'est que la partie apparente de l'iceberg. Une des difficulté aujourd'hui est d'évaluer la persistance de ces maladies. Un kyste de besnoitiose peut persister dix ans. L'immunité post-infectueuse de la FCO est remise en question aujourd'hui. Des tâches de mélanose noires sur le mufle des bovins montrent que la maladie persiste." D'après le spécialiste, ce problème doit être pris très au sérieux. "Une virémie persistante pourrait créer un réservoir de virus pour l'année suivante", estime-t-il. Le vétérinaire n'a qu'une seule recommandation : vacciner les animaux.
En matière de prévention, les solutions ne sont ni simples ni évidentes. Il faut d'abord se familiariser avec la biologie de chaque vecteur. "Tous n'ont pas le même cycle, ne vivent pas au même endroit et n'agissent pas de la même façon", souligne le docteur Lionnel Zenner, de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon. Quatre vecteurs ont été décrits dans le détail : la tique ixodes ricinus, responsable de la piroplasmose et de l'ehrlichiose, les taons et stomoxes, responsables de la bestnoitiose et le culicoïdes (FCO). Le principal moyen de lutte passe par l'emploi d'un insecticide, utilisé, de préférence sur l'animal pendant les périodes à risques. Vis-à-vis de l'environnement, certaines précautions sont à prendre, comme débroussailler ou ne pas mettre des animaux sensibles sur des zones à risque. "Pour la piroplasmose, il y a des coins à tique, ceux-ci sont connus", avance Lionnel Zenner. Les éleveurs peuvent, dans la mesure du possible, retirer les tiques qui sont fixées sur les animaux. Celles-ci transmettent les maladies à la fin d'un repas. La lutte contre le culicoïdes, insecte invisible à l'oeil nu, reste moins évidente. "De nombreux éleveurs ont désinsectisé leurs animaux avec du pyréthrinoïde. Ce produit ne dispose pas d'AMM contre les culicoïdes, mais il semble avoir fonctionné", assure le docteur Jean-Pierre Alzieu. Pour les maladies transmises par les mouches, les éleveurs peuvent traiter leurs bâtiments, mais avec un produit différent que celui utilisé sur leurs animaux.
Ces présentations ont soulevé de multiples questions de la part des éleveurs : efficacité des traitements insecticides, fréquence de leur utilisation, présence des insectes porteurs à l'intérieur des bâtiments... Au niveau de la FCO, plusieurs questions ont été soulevées sur la vaccination. En Isère, 22 000 ovins sur 35 000 ont été vaccinés contre le sérotype 8, de même que 70 000 bovins sur 155 000. "Ces chiffres sont bas. Tous les éleveurs doivent vacciner leurs animaux, a insisté le président Michel Boursier. Nous avons 300 éleveurs en difficulté aujourd'hui à cause de ce virus", a rappelé le président.
Tout le monde s'interroge, également, sur l'origine de ces maladies vectorielles inconnues dans nos régions il y a quelques années. "Le changement climatique est souvent incriminé, mais il est rarement prouvé, explique Thomas Balenghein, de l'institut de recherche agronomique des pays tropicaux (CIRAD). La FCO est le seul exemple où nous n'avons pas d'autre explication que l'augmentation des températures". Les changements sociaux et démographiques (urbanisation, multiplication des échanges et des transports...) sont aussi à l'origine de ces maladies.
Catherine Pellotier
Plaquette sur la journée sanitaire: js20081204.pdf
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