BVD
Maîtriser la BVD en élevage bovin
Environ 250 éleveurs ont suivi les 4 conférences sur la BVD ou maladie des muqueuses le 12 décembre à La Buisse. Organisée par le GDS de l'Isère, cette journée sanitaire était l'occasion de décortiquer un virus contagieux dans les cheptels bovins entraînant, entre autres, des problèmes de reproduction. Les intervenants ont insisté sur la maîtrise de l'infection et des risques de contamination.
Une suspicion de BVD dans un cheptel bovin
peut se manifester sous plusieurs formes. Dans le cas le plus simple, le
vétérinaire détecte un cas clinique de la maladie. A l'échelle d'un troupeau,
l'éleveur doit s'inquiéter en cas d'avortements et d'anomalies sur
les veaux nouveau-nés. Les symptômes de la BVD vont surtout se manifester
par des maladies néonatales dans les cheptels allaitants et des problèmes
de reproduction dans les cheptels laitiers. ' En cas de suspicion de BVD
il faut faire des analyses de laboratoire ', indiquait Michel Duprès du
GDS de l'Isère. Effectivement, une série d'analyses sur le prétroupeau
(6 mois - 1ère mise bas) doivent confirmer la présence du virus.
Les veaux de moins de 6 mois ne seront généralement pas testés car ils
bénéficient des anticorps transmis par le colostrum de la mère. A ce stade
là, le vétérinaire peut adopter deux stratégies complémentaires : vacciner
le troupeau pour limiter les effets de la maladie et dépister les IPI,
qui pérennisent le virus dans un troupeau, pour les éliminer*.
Vaccination
' La vaccination permet de diminuer les symptômes et d'atténuer la circulation du virus dans les cheptels ', a indiqué le Professeur François Schelcher, de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse. Si les effets préventifs de la vaccination sont reconnus, certains vétérinaires dans la salle ont émis des doutes sur ses effets au moment de l'infection d'un troupeau. ' Je crois qu'il faut éliminer et vacciner. J'ai connu un élevage infecté où l'on aurait diminué les pertes s'il on avait vacciné ' a répondu le Professeur Schelcher. Tous tombent par contre d'accord pour recommander la protection des cheptels à risques, c'est à dire où il y a eu des introductions sans contrôles ou en cas de nombreuses introductions. Le GDS de l'Isère recommande ' de ne pas faire l'économie d'une protection sur une vache gestante ', lorsqu'elle va être en contact avec d'autres animaux lors d'alpages, de concours ou de foires. En effet, c'est la période où elles seront le plus vulnérables, subissant ensuite des avortements ou donnant naissance à ces fameux veaux IPI.
Dépistage et prévention
Le dépistage des ces animaux infectés permanents immunotolérants (IPI) passe par des analyses laboratoires sur l'ensemble du prétroupeau. Le docteur Gaël Reynaud du laboratoire vétérinaire départemental de l'Isère a rappelé les deux tests utilisés : sérologie et antigénémie. Le vétérinaire fait deux prélèvements : le premier destiné à une recherche d'anticorps (sérologie), et le second pour pratiquer une antigénémie sur les animaux séronégatifs. Il n'existe pas à l'heure actuelle de certification BVD pour des raisons de coût. Selon une étude menée par l'Acersa en 1999, un plan d'éradication mené dans un département français type coûterait 30 euros par bovin. Il demanderait, s'il s'avère efficace, 15 à 20 ans pour obtenir un retour sur investissement. Et le docteur Etienne Petit de la FRGDS Bourgogne a rappelé la ligne de travail de la FNGDS qui recommande ' plutôt une stratégie de maîtrise de la maladie, et non de l'infection, adaptée à chaque élevage '. La prévention passe par le dépistage BVD sur les animaux achetés associés à une quarantaine sanitaire. Dans l'idéal, il faut éviter de mettre en contact des reproductrices avec des bovins qui reviennent de comices, de foires ou de concours, et ce durant 3 à 4 semaines après le retour des animaux. Enfin, le voisinage entre troupeaux peut aussi être une source de contamination.
L'essentiel sur la BVD
Catherine Pellotier
*Dans ce cas, pour bénéficier d'un tarif préférentiel et d'aides sur les analyses, ainsi que d'aides financières à l'élimination des IPI, il faut prendre contact avec le GDS avant de se lancer dans l'assainissement.
Pour en savoir plus : Le Point sur la BVD
Vaccination
' La vaccination permet de diminuer les symptômes et d'atténuer la circulation du virus dans les cheptels ', a indiqué le Professeur François Schelcher, de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse. Si les effets préventifs de la vaccination sont reconnus, certains vétérinaires dans la salle ont émis des doutes sur ses effets au moment de l'infection d'un troupeau. ' Je crois qu'il faut éliminer et vacciner. J'ai connu un élevage infecté où l'on aurait diminué les pertes s'il on avait vacciné ' a répondu le Professeur Schelcher. Tous tombent par contre d'accord pour recommander la protection des cheptels à risques, c'est à dire où il y a eu des introductions sans contrôles ou en cas de nombreuses introductions. Le GDS de l'Isère recommande ' de ne pas faire l'économie d'une protection sur une vache gestante ', lorsqu'elle va être en contact avec d'autres animaux lors d'alpages, de concours ou de foires. En effet, c'est la période où elles seront le plus vulnérables, subissant ensuite des avortements ou donnant naissance à ces fameux veaux IPI.
Dépistage et prévention
Le dépistage des ces animaux infectés permanents immunotolérants (IPI) passe par des analyses laboratoires sur l'ensemble du prétroupeau. Le docteur Gaël Reynaud du laboratoire vétérinaire départemental de l'Isère a rappelé les deux tests utilisés : sérologie et antigénémie. Le vétérinaire fait deux prélèvements : le premier destiné à une recherche d'anticorps (sérologie), et le second pour pratiquer une antigénémie sur les animaux séronégatifs. Il n'existe pas à l'heure actuelle de certification BVD pour des raisons de coût. Selon une étude menée par l'Acersa en 1999, un plan d'éradication mené dans un département français type coûterait 30 euros par bovin. Il demanderait, s'il s'avère efficace, 15 à 20 ans pour obtenir un retour sur investissement. Et le docteur Etienne Petit de la FRGDS Bourgogne a rappelé la ligne de travail de la FNGDS qui recommande ' plutôt une stratégie de maîtrise de la maladie, et non de l'infection, adaptée à chaque élevage '. La prévention passe par le dépistage BVD sur les animaux achetés associés à une quarantaine sanitaire. Dans l'idéal, il faut éviter de mettre en contact des reproductrices avec des bovins qui reviennent de comices, de foires ou de concours, et ce durant 3 à 4 semaines après le retour des animaux. Enfin, le voisinage entre troupeaux peut aussi être une source de contamination.
L'essentiel sur la BVD
Le BVD/MD (virus de la maladie des muqueuses)
est un virus très répandu. Près de la moitié des bovins et environ 2/3
des troupeaux ont, un jour ou l'autre, rencontré ce virus. Quand il circule
dans les élevages, il peut provoquer de grosses pertes économiques. Mais
il est inoffensif pour l'homme.
Quand un bovin rencontre le virus, il développe
la maladie (diarrhée, petite grippe) et produit des anticorps. Il est alors
immunisé.
Mais si une vache ou une génisse en gestation rencontre le virus, il y a trois possibilités. :
- Avant 2 mois de gestation : mort de l'embryon
- Entre 2 et 5 mois de gestation, l'infection par le virus donnera naissance à un animal IPI (infecté permanent immunotolérant) qui va être porteur permanent du virus sans jamais produire d'anticorps.
- Entre 6 et 8 mois de gestation, le virus provoquera un avortement. Le veau IPI est une véritable bombe qui exècre du virus en permanence. Il peut contaminer tous les animaux du cheptel dans lequel il se trouve entraînant des problèmes de reproduction, des diarrhées sur les jeunes, des maladies respiratoires etc. Seules des analyses permettent de détecter de manière fiable les animaux IPI. Dangereux pour l'équilibre du troupeau, ils sont éliminés. Les IPI représentent 0.5% de la population bovine en France. Une quarantaine de ces animaux a été détecté et éliminé en 2001 en Isère.
Mais si une vache ou une génisse en gestation rencontre le virus, il y a trois possibilités. :
- Avant 2 mois de gestation : mort de l'embryon
- Entre 2 et 5 mois de gestation, l'infection par le virus donnera naissance à un animal IPI (infecté permanent immunotolérant) qui va être porteur permanent du virus sans jamais produire d'anticorps.
- Entre 6 et 8 mois de gestation, le virus provoquera un avortement. Le veau IPI est une véritable bombe qui exècre du virus en permanence. Il peut contaminer tous les animaux du cheptel dans lequel il se trouve entraînant des problèmes de reproduction, des diarrhées sur les jeunes, des maladies respiratoires etc. Seules des analyses permettent de détecter de manière fiable les animaux IPI. Dangereux pour l'équilibre du troupeau, ils sont éliminés. Les IPI représentent 0.5% de la population bovine en France. Une quarantaine de ces animaux a été détecté et éliminé en 2001 en Isère.
Catherine Pellotier
*Dans ce cas, pour bénéficier d'un tarif préférentiel et d'aides sur les analyses, ainsi que d'aides financières à l'élimination des IPI, il faut prendre contact avec le GDS avant de se lancer dans l'assainissement.
Pour en savoir plus : Le Point sur la BVD
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Tel: - Mail : frgds.aura@reseaugds.com