Faune sauvage
Brucellose et faune sauvage
Derniére mise à jour le : 05/07/2013
Brucellose dans le Bargy: la faune sauvage dans le collimateur
En avril 2012, suite à un avortement sur une vache laitière, un foyer de brucellose est diagnostiqué dans un élevage de Haute-Savoie. Les enquêtes dans 40 élevages contacts réalisées au printemps ainsi qu'une campagne de dépistage menée la même année au retour d'estivage permettent de conclure à l'absence de contamination des troupeaux domestiques. En revanche la surveillance de la faune sauvage révèle une situation préoccupante. Un plan d'action est mis en oeuvre pour sécuriser la prochaine montée en estive.
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La brucellose, qu'est-ce que c'est
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. La brucellose
est une maladie infectieuse due à une bactérie commune à certains animaux
et à l'homme.
. Elle était jadis bien connue des éleveurs
et des vétérinaires sous le nom de fièvre de Malte, ou fièvre ondulante.
La fièvre dure une quinzaine de jours. La maladie peut devenir chronique
avec des atteintes articulaires, neurologiques et une fatigue intense.
. Chez les ruminants domestiques, l'infection
de l'utérus provoque un avortement dans la seconde moitié de gestation
et l'infection des testicules provoque une orchite. La contamination se
fait essentiellement à partir des produits d'avortement et des sécrétions
génitales des animaux infectés.
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A l'automne 2012, plus de 12 000 analyses,
dans près de 200 cheptels bovins, ovins et caprins ont été réalisées à
la descente d'estive. Aucun nouveau foyer domestique n'est mis en évidence.
Des recherches sont entreprises dans la faune sauvage dès le mois de septembre.
Les chasseurs effectuent des prélèvements sur les chamois, les cerfs et
les chevreuils. Dès le second dimanche d'ouverture de la chasse, un chamois
est découvert positif.
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Parallèlement, les agents de l'Office National
de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) réalisent des prélèvements
sur les bouquetins. Ils flèchent les animaux, à l'aide d'un fusil hypodermique.
Fin 2012, 24 bouquetins sont ainsi prélevés et analysés. Trois d'entre
eux présentent des lésions caractéristiques de la brucellose : arthrites
des genoux et, pour l'un entre une orchite. Au total, dix bouquetins
se révéleront positifs en sérologie. Bien que le bouquetin soit une espèce
protégée, le ministère de l'écologie donne son accord pour que l'ONCFS
procède à leur abattage : neuf sont éliminés, le dernier est retrouvé sous
une avalanche.
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Les agents de l'ONCFS télé anesthésient les bouquetins pour les prélever : prise de sang, écouvillons,... (photo J. Hars)
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Mieux
connaître le réservoir de la brucellose
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Les agents de l'ONCFS télé anesthésient les bouquetins pour les prélever : prise de sang, écouvillons,... (photo J. Hars)
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En Haute-Savoie, le précédent foyer domestique
de brucellose remonte à 1999. Il était situé au nord du massif du Bargy,
celui de 2012 au sud du même massif montagneux. Or, les souches de brucellose
identifiée dans ces deux foyers sont très proches des souches identifiées
chez les bouquetins. La brucellose aurait donc circulé à bas bruit dans
la faune sauvage, pour ressurgir douze ans plus tard... Le risque de transmission
de la brucellose vers d'autres espèces est considéré comme faible mais
il ne peut pas être écarté. Les enjeux pour l'élevage sont considérables.
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Ce bouquetin présente une lésion d'arthrite
caractéristique de la brucellose (photo S. Anselme-Martin)
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Une
maîtrise de la brucellose qui passe par la gestion de la faune sauvage
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Une stratégie de gestion de la maladie dans
la faune sauvage est décidée : environ 80 bouquetins supplémentaires seront
prélevés et analysés au printemps 2013 afin de savoir si la maladie
s'est étendue aux massifs adjacents, et surtout de connaitre la prévalence
de la maladie chez les jeunes animaux, donc de savoir si la brucellose
circule activement dans la faune sauvage. Les effectifs et les déplacements
de bouquetins seront étudiés grâce à la pose de colliers VHF (émetteur
à fréquence radio) et GPS, aux comptages par hélicoptère et aux observations
sur le terrain. En cas de résultat d'analyse positif ou lorsqu'un bouquetin
est observé malade, les agents le retrouvent et l'abattent.
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Les bouquetins capturés sont munis de boucles et d'un collier VHF ou GPS, qui permet de suivre leurs déplacements (photo J.-P. Grangeon)
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Surveillance
renforcée des élevages
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La traçabilité des transhumances est renforcée dans le département de la Haute-Savoie. Le but est d'actualiser la liste des troupeaux de bovins, ovins et caprins qui seront présents cette année sur un alpage. Les éleveurs qui transhument en Haute-Savoie doivent retourner au GDS de leur département une déclaration de transhumance individuelle qui sera à faire suivre au GDS74 pour les éleveurs provenant d'autres départements. Dans le cas des alpages collectifs, c'est le responsable de l'alpage qui met à jour la liste des cheptels qui participent à l'estive auprès de l'EDE et du GDS.
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Les troupeaux de bovins, d'ovins et caprins seront dépistés à la descente d'alpage. Les modalités précises ne sont pas encore fixées. Parallèlement l'Etat a renforcé et prend en charge le dispositif de surveillance de la brucellose sur le lait en Haute-Savoie : les exploitations laitières sont dorénavant dépistés mensuellement. Ce dépistage permet de repérer le plus en amont possible une éventuelle contamination.
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CG
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Les bouquetins capturés sont munis de boucles et d'un collier VHF ou GPS, qui permet de suivre leurs déplacements (photo J.-P. Grangeon)
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La traçabilité des transhumances est renforcée dans le département de la Haute-Savoie. Le but est d'actualiser la liste des troupeaux de bovins, ovins et caprins qui seront présents cette année sur un alpage. Les éleveurs qui transhument en Haute-Savoie doivent retourner au GDS de leur département une déclaration de transhumance individuelle qui sera à faire suivre au GDS74 pour les éleveurs provenant d'autres départements. Dans le cas des alpages collectifs, c'est le responsable de l'alpage qui met à jour la liste des cheptels qui participent à l'estive auprès de l'EDE et du GDS.
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Déclarer les avortements : c'est important
et c'est gratuit !
. Dès le premier avortement
chez les bovins, et plus de trois avortements
en une semaine chez les ovins-caprins, l'éleveur doit appeler son vétérinaire
afin qu'il vienne réaliser les prélèvements nécessaires au dépistage de
la brucellose. Tous les frais liés à cette visite et aux analyses brucellose
sont pris en charge par l'Etat.
. Le respect de cette obligation par chacun
est essentiel. En effet, les avortements sont le signe le plus précoce
d'une infection brucellose. En cas de contamination d'un cheptel, le
diagnostic sur avortement est donc le seul moyen de limiter la diffusion
de la maladie.
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Les alpagistes qui font transhumer sur les
secteurs où la présence de brucellose chez les bouquetins est mise en évidence
sont incités à prendre des précautions pour limiter les contacts entre
faune sauvage et animaux domestiques. Les zones de pâturage précoce au
printemps, les lieux d'abreuvement ou les pierres à lécher favorisent
le regroupement de bouquetins dans des zones fréquentées par les ruminants
d'élevage. Les contacts sont particulièrement à risque autour de la période
de mise-bas des bouquetins, c'est-à-dire jusqu'à mi-juillet.
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Les troupeaux de bovins, d'ovins et caprins seront dépistés à la descente d'alpage. Les modalités précises ne sont pas encore fixées. Parallèlement l'Etat a renforcé et prend en charge le dispositif de surveillance de la brucellose sur le lait en Haute-Savoie : les exploitations laitières sont dorénavant dépistés mensuellement. Ce dépistage permet de repérer le plus en amont possible une éventuelle contamination.
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CG
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