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Haute Loire Actualité

Fièvre Q : des impacts sanitaires importants en élevage 43

Derniére mise à jour le : 28/01/2026

Fièvre Q : une maladie bien présente dans nos élevages

Depuis plusieurs mois, les analyses réalisées dans le département mettent en évidence une augmentation du nombre d’élevages positifs à la fièvre Q, aussi bien en petits ruminants (ovins, caprins) qu’en bovins. Depuis 2 ans, c’est la première cause infectieuse mise en évidence en bovin, ovin, caprin lors de kits GDS 43 avortements répétés.

Souvent silencieuse, cette maladie peut pourtant entraîner des conséquences importantes sur la reproduction, la rentabilité des ateliers et la santé humaine.

 

Qu’est-ce que la fièvre Q ?

La fièvre Q est une maladie infectieuse causée par une bactérie appelée Coxiella burnetii. Cette bactérie est très résistante dans l’environnement (poussières, litières, bâtiments). Elle est très contagieuse, notamment par voie aérienne. Les ruminants domestiques (bovins, ovins, caprins) constituent le principal réservoir de la bactérie. La fièvre Q est également une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmissible à l’homme.

 

Comment la bactérie circule-t-elle en élevage ?

La contamination se fait principalement lors des périodes de reproduction : mises-bas, avortements, écoulements utérins, placentas et avortons. La bactérie est excrétée en grande quantité dans ces produits, mais aussi : dans les fèces, dans les urines, dans le lait. Une fois dans l’environnement, Coxiella burnetii peut se retrouver dans les poussières, être transportée par l’air et contaminer d’autres animaux, d’autres bâtiments, voire d’autres exploitations. La voie principale de contamination est donc par inhalation. Les tiques peuvent également être vecteur.

 

Des signes cliniques souvent discrets

Dans la majorité des cas : aucun signe visible. La fièvre Q est connue pour être le plus souvent asymptomatique. Un troupeau peut être infecté et excréteur sans que l’éleveur ne constate de problème évident. C’est ce caractère discret qui explique que la maladie soit souvent sous-diagnostiquée.

 

Quand la maladie s’exprime : des troubles de la reproduction

Lorsque la fièvre Q s’exprime cliniquement, elle touche presque exclusivement la reproduction : avortements, souvent en fin de gestation, naissances prématurées, mort-nés ou jeunes chétifs, rétentions placentaires, métrites, baisse de fertilité, retours en chaleurs, allongement des intervalles mise-bas – mise-bas. Ces signes ne sont pas spécifiques de la fièvre Q, ce qui complique le diagnostic sans analyses.

 

Différences d’expression selon les espèces

Chez les ovins et caprins, l’expression est souvent plus brutale avec possibilité de vagues d’avortements groupés, parfois sur une courte période. L’excrétion bactérienne est forte lors des mises-bas.

Chez les bovins, l’expression est généralement plus insidieuse : des avortements isolés ou répétés dans le temps, un impact marqué sur la fertilité globale du troupeau (notamment métrites), parfois sans série d’avortements clairement identifiée. L’excrétion est possible sur de longues périodes, notamment dans le lait.

 

Un impact zootechnique et économique réel

Même en l’absence de “série d’avortements”, la fièvre Q peut entraîner : une baisse des performances de reproduction, une désorganisation des vêlages ou des mises-bas, des pertes de production laitière, une augmentation des réformes subies, des coûts vétérinaires et d’analyses supplémentaires.

Ces pertes sont souvent diffuses et progressives, ce qui les rend difficiles à attribuer directement à la maladie sans démarche de diagnostic.

 

Un risque à ne pas négliger pour la santé humaine

La fièvre Q est une maladie transmissible à l’homme, principalement par inhalation de poussières contaminées. Les personnes les plus exposées sont : les éleveurs et salariés d’élevage, les vétérinaires, les intervenants lors des mises-bas, les personnes vivant à proximité d’élevages infectés. Chez l’homme, l’infection peut passer inaperçue, mais elle peut aussi provoquer : un syndrôme grippal intense, une pneumopathie, une atteinte hépatique, et, plus rarement, des formes chroniques graves (endocardites).

⚠️ Les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées ou atteintes de maladies cardiaques doivent être particulièrement protégées.

 

Que faire en cas de suspicion en élevage ?

La fièvre Q doit être envisagée : en cas d’avortements répétés, même peu nombreux, lors de problèmes de fertilité persistants, lorsque les causes habituelles ont été écartées.

Les premières mesures sont : isoler les femelles qui avortent ou mettent bas, éliminer rapidement placentas et avortons via la filière réglementaire, renforcer l’hygiène des bâtiments, limiter l’accès aux personnes à risque, porter des équipements de protection (gants, masques). La fièvre Q animale est soumise à déclaration et surveillance obligatoire au sein de l’Union européenne depuis 2021 selon la « Loi de Santé Animale ».

 

Le dépistage : une approche collective avec le GDS

Plusieurs outils de diagnostic existent. En cas d’avortement, on privilégiera une PCR sur placenta, avorton (cette analyse fait partie du kit avortements répétés GDS43, la fièvre Q étant l’une des causes principales d’avortement identifiée en ruminants.).

En cas d’absence de symptôme, un dépistage à l’échelle de l’atelier peut être réfléchi : PCR sur pédichifonnettes environnementales, PCR sur lait de tank mais aussi des sérologies sur un échantillon représentatif d’animaux (hors troupeaux vaccinés). Ces protocoles permettent d’évaluer la circulation de la bactérie dans l’ensemble de l’atelier, avec une classification du risque (absence, circulation ancienne ou active). Attention les excrétions (vaginale et dans le lait) de la bactérie ne sont pas souvent concomitantes. C’est pourquoi il est bien de faire des analyses sur plusieurs matrices (animaux, environnement, lait).

 

La vaccination : un levier majeur de maîtrise

Il existe un vaccin contre la fièvre Q pour les bovins, ovins et caprins.

Les objectifs de la vaccination sont : réduire l’excrétion de la bactérie, limiter les avortements, diminuer le risque pour l’homme, assainir progressivement les élevages infectés. En aucun cas, elle ne permet de « guérir » l’animal porteur.

Principes généraux : deux injections initiales, vaccination de préférence avant la mise à la reproduction, rappels pluriannuels (plusieurs années consécutives laissant le temps du renouvellement du troupeau pour assainir), intégration dans un plan global (hygiène + gestion des mises-bas+ conduite d’élevage + boost immunité).

La vaccination ne fait pas disparaître immédiatement la bactérie, mais elle est aujourd’hui l’outil le plus efficace pour réduire durablement la pression infectieuse, à condition que l’animal ne soit pas en hypoglycémie et carencé en oligo-éléments.

 

Rappel du kit avortements répétés GDS43 :

Si plus de 2 avortements en 1 mois en élevage bovin, ou plus de 4 avortements en 1 semaine en élevage de petits ruminants, le GDS accompagne ses adhérents dans la recherche de causes infectieuses, autre que la brucellose. Ainsi, suivant l’espèce sont recherchés : la fièvre Q, la néosporose, la BVD, l’erlichiose, la chlamydiose, la toxoplasmose, la border disease, la salmonellose, les mycoses et campylobacter. Ces recherches sont financées à 100% par le GDS.

 

Le GDS 43

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Tel: - Mail : frgds.aura@reseaugds.com