Image de Banniere

Bovin Maladie Besnoitiose

Des éleveurs touchés se sont mobilisés pour lutter

Derniére mise à jour le : 20/05/2019


Combattre
une maladie émergente sans vaccin et sans traitement curatif pour guérir le bovin, c’est possible.

Etre conscient du risque et savoir reconnaître la maladie

Des foyers de besnoitiose sont connus dans près d’une cinquantaine de départements français (dont tous ceux de Rhône-Alpes) et la maladie ne cesse de se propager par les mouvements d’animaux (achats et rassemblements). La contamination peut aussi se faire par voisinage même si ce n’est pas la voie privilégiée d’introduction dans un troupeau. Le risque est donc bien réel pour tous les éleveurs de notre région, car il s’agit d’une maladie de cheptel et non de zone géographique.

Les symptômes sont peu spécifiques. Après contamination du bovin, la période d’incubation dure une semaine environ et on observe trois phases :

1 - Une phase fébrile : forte fièvre, essoufflement, écoulements clairs aux nez et aux yeux. Le bovin s’isole, ne mange plus 

2 - Une phase d’oedèmes pendant 1 à 2 semaines : les oedèmes se forment sous la peau devenue chaude et douloureuse (chanfrein, auge, membres, mamelle…), avec parfois des crevasses aux plis des articulations

3 - Une phase de dépilation et de sclérodermie : épaississement marqué de la peau (tête, encolure, intérieur des cuisses, aspect peau d’éléphant…) pas de démangeaison.

Connaître le statut de son troupeau

La besnoitiose est une maladie parasitaire qui est introduite dans un troupeau le plus souvent par un animal apparemment sain (achat), ou lors de rassemblements d’animaux (estives et transhumances collectives en particulier) par piqûres d’insectes qui propagent la maladie d’un bovin positif aux bovins immédiatement voisins.

Il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement curatif des animaux atteints. De plus, les premiers cas cliniques apparaissent souvent lorsque le troupeau est déjà assez fortement contaminé. Les éleveurs ont donc tout intérêt à connaître le statut de leur cheptel en pratiquant une sérologie de l’ensemble des bovins de plus de 6 mois. Cela leur permet de mettre en place une stratégie de lutte adaptée, sachant que plus on laisse la maladie s’installer dans le troupeau, plus la gestion est difficile.

Choisir une stratégie de lutte qui a fait preuve d’efficacité



Si le cheptel est sain, évaluer les risques de contamination et se protéger en contrôlant les introductions et en participant uniquement à des rassemblements d’animaux tous contrôlés séronégatifs.



  • Eliminer les bovins positifs très rapidement s’ils sont peu nombreux, et identifier la source de contamination pour éviter toute récidive.
  • Procéder à la mise en œuvre d’une stratégie d’éradication progressive en cas de forte infestation, par exemple en élevage allaitant par la conduite en deux lots avec séparation des positifs et des négatifs. Dans tous les cas il faut éliminer rapidement les bovins malades (réservoirs très importants de parasites transmis aux autres bovins par piqûres d’insectes)

 

Témoignages d’éleveurs 


Cédric GUILHON conduit en lot son troupeau d’allaitantes et vise une éradication progressive de la maladie.

La besnoitiose a été découverte en avril 2008 (cas clinique) avec 10 cas cliniques en été 2008 et 7 en 2009. L’exploitation s’est inscrite en 2009 au groupe expérimental proposé par le GDS au cours des assemblées de secteur. Les premières analyses sur tous les bovins de plus de 6 mois ont été faites au printemps 2010 (39 bovins positifs sur 100).

En 2010 et 2011, une protection insecticide importante a été faite sur les génisses (butox pour on sur le dos plus pulvérisation sur les pattes répétée sur la période estivale). Cette technique s’est avérée coûteuse, gourmande en temps, et d’une efficacité limitée.

Au printemps 2012, la décision est prise de constituer un lot de vaches négatives et un lot de positives pour préserver le pré troupeau « en attendant un éventuel vaccin » ; seulement 6 vaches sur 60 sont séronégatives. Chaque année les génisses de renouvellement et les vaches négatives sont testées, et un réallotement est fait. La gestion du pâturage est réorganisée : redécoupage des parcs, éloignement des voisins positifs, points d’eau...Le plus dur est l’hivernage : les 2 lots sont dans le même bâtiment.

Les réformes sont gérées en tenant compte du niveau génétique du troupeau et pas seulement de la besnoitiose.

Avec la conduite en lots : le temps passé est plus faible (pas de temps de surveillance sur les positives), 55 vaches sur 80 sont négatives en 2016, l’éradication des dernières bêtes séropositives est envisagée pour 2018.

Cédric insiste : chaque éleveur doit connaître le statut de son troupeau donc analyser, et élaborer sa stratégie de lutte. Alloter c’est possible et permet d’éradiquer.


Témoignage recueilli par Christian BOULON

Second témoignage 

Environ 200 vaches laitières de 5 élevages différents montent chaque année sur cet alpage de Savoie. Le responsable témoigne d’une situation qui dure depuis plusieurs saisons.


En 2015, des cas cliniques de besnoitiose ont été découverts sur votre alpage, comment avez-vous réagi ?

Avec le vétérinaire, nous avons contacté le GDS et fait analyser les 200 vaches de l’alpage. Résultat : 23% étaient séropositives ! Tous les éleveurs du groupement, d’un commun accord, ont décidé de s’engager dans le plan besnoitiose, avec pour objectif de ne pas remonter cette maladie à la prochaine saison d’alpage.


A votre avis, le choix d’un assainissement a-t-il été efficace ?

Personnellement oui, même si l’abattage de 26 des 100 vaches laitières du cheptel a de lourdes conséquences, je ne voulais pas garder un seul animal positif au risque de contaminer les autres élevages de l’alpage.

Pourtant en 2016, des bovins malades et positifs ont de nouveau été détectés, comment l’expliquez-vous ?

Un manque de rigueur général. Toutes les analyses des vaches avaient bien été faites avant la montée, mais la vérification des résultats n’a pas été suffisante pour éviter qu’une vache positive ne monte. La besnoitiose est un problème collectif : il suffit qu'une vache positive monte sur l'alpage pour que tous les troupeaux soient atteints. La réussite d'un assainissement collectif repose donc sur la rigueur du suivi des analyses, la communication entre éleveurs et l'implication de tous.


Témoignage recueilli par Meggane Barban, stagiaire GDS des Savoie

 


















FRGDS Auvergne Rhône-Alpes

Adresse postale : 23 rue Jean Baldassini - 69364 Lyon Cedex 07

Tel: - Mail : frgds.aura@reseaugds.com