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Aethina tumida vue par les apiculteurs italiens

Derniére mise à jour le : 25/10/2019

Détecté en 2014 dans le Sud de l’Italie, Aethina tumida (ou PCR (Petit Coléoptère des Ruches))  est une menace pour l’apiculture française. Des dispositifs de piégeage peuvent être mis en place pour surveiller son introduction sur le territoire.

Gilles DESHORS, Apiculteur professionnel dans la Loire, a eu l’occasion de rencontrer des apiculteurs italiens et d’échanger avec eux sur la problématique que représente ce coléoptère en Italie. Il nous raconte. 

Photo : Mise en place d’un piège sur une colonie


Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis apiculteur professionnel depuis 1991. Avec mes 2 associés, nous gérons une exploitation apicole située dans la Loire, qui compte près de 800 ruches en production de miel et une vingtaine de ruches en gelée royale.


A quelle occasion avez-vous pu rencontrer des apiculteurs italiens ?

C’est par l’intermédiaire d’une association de producteurs sous label Bio qu’un voyage en Italie a été organisé à l’automne 2017. L’objectif de ce voyage a été de découvrir de nouvelles techniques apicoles, d’améliorer nos pratiques de lutte contre Varroa destructoren Bio et également d’en apprendre un peu plus sur la situation d’Aethina tumida en Italie. Au cours de cette excursion de 4 jours, nous avons rencontré des apiculteurs (exploitant 200 à 4000 ruches), une coopérative ainsi que des techniciens sanitaires apicoles.


Quel est l’impact de la présente du PCR sur leurs activités apicoles ?

Les personnes rencontrées n’étaient pas localisées dans le périmètre de protection. Nos visites ont concerné le nord et le centre de l’Italie, les apiculteurs n’y étaient donc pas directement concernés. L’arrivée du PCR en Italie a cependant déjà eu des impacts économiques pour les exploitations qui, même hors de la zone de surveillance, se sont équipées en chambre froide pour faire face à une éventuelle arrivée sur leurs sites. Ils se disent d’ailleurs prêts pour ça.

A ce jour, le PCR n’a pas d’autre impact sur leurs activités.


Comment perçoivent-ils les dispositifs de surveillance mis en place en Italie ?

Les apiculteurs interrogés sont très peu intervenus sur le sujet. Globalement, il semble qu’ils émettent quelques réserves concernant le dispositif de lutte actuel. En fait, Aethinaparaît s’être implanté sur leur territoire, faute de détection précoce. L’objectif n’est donc plus d’éradiquer et les mesures de destruction des ruchers ne leurs semblent donc plus adaptées à ce stade. Ils souhaiteraient ainsi une évolution des mesures prises en cas de déclaration d’un foyer.


Comment envisagent-ils l’évolution du petit coléoptère des ruches en Italie ? et ailleurs ?

Concernant la situation nationale, les apiculteurs rencontrés semblent penser qu’un confinement du PCR à la zone de surveillance est possible. Ils se tiennent néanmoins prêts pour une éventuelle arrivée dans leurs régions.

Certains ont également mentionné des pratiques à risque suite à la déclaration des 1ersfoyers en Italie. Des mouvements de ruches en provenance des zones à risque vers certains pays européens auraient été réalisés sans déclaration préalable. Le risque existe donc et pas seulement sur le territoire national, d’où l’importance de maintenir le niveau de vigilance sur notre territoire.


Quel a été l’intérêt de cette visite pour vous ? A-t-elle suscité des réflexions quant à d’éventuelles évolutions de vos pratiques apicoles ?

Echanger avec d’autres apiculteurs, y compris à l’étranger est toujours pour moi un excellent moyen de progresser dans ma pratique quotidienne. Ce voyage en Italie, en l’occurrence, a été l’occasion de réfléchir à l’optimisation du matériel apicole. La présence d’Aethina tumidasur une zone oblige en effet à extraire le miel très rapidement pour ne pas perdre la production. Il serait donc intéressant d’envisager la mise en commun de gros moyens d’extraction et de conditionnement, via des mielleries collectives, comme cela est beaucoup pratiqué en Italie. Il s’agit d’investissements qui sont importants, difficiles à envisager pour une structure seule. La mise en place de chambres froides est également un point à étudier.

Au printemps prochain j’envisage de me rendre à nouveau en Italie, à l’occasion du congrès apicole national, afin de continuer à avoir des informations sur l’évolution de la situation du PCR là-bas.

Propos recueillis par Prémila CONSTANTIN
Vétérinaire GDS Rhône-Alpes








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